Economie

Fermeture d'Emile Huchet : quel avenir pour les salariés et le lieu ?


par Margot Benabbas
jeudi 31 mars 2022 à 07:47

C’est aujourd’hui que la centrale Emile Huchet à Saint-Avold doit s’arrêter. Cette fermeture avait été décidée par Emmanuel Macron qui souhaitait que la France sorte du charbon.

Son N°1 - Fermeture d'Emile Huchet : quel avenir pour les salariés et le lieu ?

Hélène Zannier – Députée La République En Marche de la circonscription de Saint-Avold

Forcement, la question des salariés sur place s’est longtemps posée et vous vous êtes largement mobilisée sur cet aspect. Donc on vous pose la question : que va-t-il advenir des salariés de la centrale après le 31 mars ?

Effectivement, vous faites bien de le rappeler il y a eu une forte mobilisation pour suivre les salariés. La décision de la fermeture de la centrale thermique avait été prise, pas simplement par le président de la République, je tiens quand même à préciser qu’il y a un Parlement qui s’est longuement penché sur la question, qui a fait de nombreuses auditions au préalable et qui a donc voté cette loi en 2018. Pour les salariés donc, forte mobilisation que ce soit de la part des parlementaires mais aussi des syndicats qui m’ont très rapidement saisis sur la question et qui ont travaillé avec moi les samedis et dimanches, qui ont permis de faire des amendements qui ont été adoptés par le Parlement et qui a donc favorisé aussi l’insertion des salariés par la suite.

Certaines personnes continueront donc de travailler sur le site, et les autres ?

C’était à eux de trouver aussi les solutions parmi un certain panel. Certains vont partir en retraite anticipée, sans perdre évidemment d’argent puisque c’est quand même une décision du gouvernement et du Parlement de fermer la centrale. Il était normal qu’on fasse des clauses exorbitantes de droit commun des choses un petit peu exceptionnelles puisque c’était quand même de notre responsabilité de suivre au mieux les personnes. Donc, certains vont partir à la retraite anticipée, d’autres restent sur site, quelques jeunes, mais très peu, ont choisi d’aller sur un autre site. Tout le monde s’est mobilisé parce qu’il y a un statut particulier qui s’appelle le statut IEG quand on travaille donc dans l’électricité et le gaz comme c’est le cas de ces salariés. Certaines autres structures comme des régies électriques ou EDF se sont aussi mobilisées pour donner en priorité aussi des postes au personnel de Gazel Energie.

Vous vous êtes mobilisé pendant de nombreux mois pour assurer un avenir au site. Quel est-il ? Est-ce qu’on sait exactement ce que va devenir la centrale à l’avenir ? En êtes-vous satisfaite ?

Il y a plusieurs étapes, effectivement, on s’est mobilisé, on était très nombreux aux côtés de la Région, du Département et ça a été un combat pour moi depuis la première heure. Les salariés aussi étaient à nos côtés, ont donné leurs idées. On a été terre d’énergie avec le charbon maintenant, on va rester terre d’énergie puisque la première des choses, c’est qu’on va faire une centrale biomasse, c’est-à-dire produire de la chaleur à partir de recyclage de bois. Par la suite aussi, il y a une grosse entreprise australienne qui s’appelle Circa qui est plutôt dans la chimie verte et on a un très gros projet aussi de production d’hydrogène. Avec un premier pas qui serait 1MW pour faire de la mobilité donc pour les transports en commun. La deuxième étape qui me tient fortement à coeur ainsi qu’à tous les acteurs économiques du terrain ça serait la production d’hydrogène beaucoup plus importante et qui pourrait partir jusqu’en Allemagne ou au Luxembourg.

On l’a appris cette semaine, la centrale Emile Huchet pourrait bien ne pas être mise totalement à l’arrêt mais redémarrer de manière ponctuelle. Vous pouvez nous expliquer ?

Effectivement, il en est question. Comme vous le savez, la conjoncture a été tel cet hiver qu’il y a eu une première dérogation au décret et que la centrale thermique a pu tourner à plein régime. Alors que normalement, c’était simplement 700h dans l’année en 2 mois, elle a tourné plus de 1000 heures. Il y avait déjà une dérogation qui tient essentiellement à la conjoncture actuelle comme je vous le disais. Le parc nucléaire a subi quelques désagréments qu’on n'avait pas anticipés et sur fond de guerre aussi avec l’Ukraine, de crainte, on a préféré continuer. D’après ce que je sais, le ministère de l’écologie a demandé à EDF et à un agent qui s’appelle RTE (Réseau de transport d'électricité) de mener un audit pour voir si à un moment ou à un autre il n’y aurait pas besoin de rouvrir la centrale par exemple pour l’hiver prochain. L’audit est en cours, je n'en sais pas beaucoup plus mais d’après ce que j’ai compris on n’exclut pas la possibilité de refaire une dérogation si de nouveau il y avait des problèmes d’approvisionnement au niveau électrique.

Dans ce cas, qui s’occuperait de faire tourner tout ça ? Faudrait-il des garantis pour eux ?

On a mené au mieux ce PSE, chacun a trouvé une solution qui lui correspond et il n’est pas question, que parce que pour une raison x ou y on changerait d’avis, ça soit les salariés qui soient pénalisés. On ne sait pas si ça va rouvrir, mais si ça devait rouvrir pour moi ça doit se faire sur la base du volontariat et que ce soit le beurre et l’argent du beurre pour les salariés qui le souhaitent.