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Moselle : un nouvel arrêté autorise les tirs de nuit du renard et énerve les associations protectrices

Moselle : un nouvel arrêté autorise les tirs de nuit du renard et énerve les associations protectrices

Début juillet, le préfet de Moselle autorisait à nouveau le tir de nuit des renards. Une décision qui a attiré les foudres des associations de protections de l’animal. Pourquoi cette autorisation ? Qu’est ce qui fait polémique ? Tour d’horizon.

Qu’est-ce que permet ce nouvel arrêté ?

Promulgué le 9 juillet dernier, il permet à la préfecture de Moselle de délivrer des autorisations de tir de nuit des renards, c’est-à-dire la possibilité d’abattre un ou des renards pendant la nuit. Selon la préfecture, pour obtenir une autorisation, il faut pouvoir justifier des dégâts de la part d’un ou de plusieurs renards. Seul un chasseur peut demander une autorisation auprès de la préfecture, il faut aussi que le tir soit encadré par un louvetier (un chasseur bénévole missionné par le Préfet) et l’autorisation est limitée à quelques jours et un périmètre de tir est donné par la préfecture. Marc Meneghin est directeur adjoint à la direction départemental des territoires :

Pourquoi cette autorisation ?

« La Moselle compte de nombreux élevages avicoles qu’ils soient professionnels ou amateurs. La prédation du renard sur ces élevages peut représenter un préjudice économique conséquent qu’il convient de limiter. » peut-on lire dans l’arrêté. En clair, la préfecture de Moselle affirme que ces autorisations permettront de réduire les attaques de renards envers les exploitations avicoles (élevage d’oiseaux ou de volailles).

Pourquoi tirer le renard la nuit ?

Se nourrissant principalement de rongeurs, de lapins mais aussi d’insectes et de poissons, le renard chasse surtout la nuit. Rusé, il profite aussi de ce moment où l’homme est beaucoup moins présent. Raison invoquée par la préfecture pour ces tirs de nuit qui seraient bien plus efficaces que les tirs de jour.

Avant c’était comment ?

Si le renard n’est pas considéré comme une espèce menacée, il est en revanche considéré comme « nuisible » en France, c’est-à-dire, potentiellement dangereux pour la faune, la sécurité humaine et la santé. De fait, que ça soit avant l’arrêté ou après, on peut tirer et piéger le renard de jour lors de la période de chasse. Une période comprise entre le 23 août et le 15 avril pour la Moselle. On estime que dans le département, 9 000 renards sont tirés par an en moyenne et 1 000 sont piégés.

Qu’est ce qui énerve les associations protectrices ?

C’est la deuxième fois que le Collectif Renard Grand Est, un regroupement de plusieurs associations défendant le renard, part en croisade contre la préfecture de Moselle. En 2016 déjà, la préfecture de Moselle prenait un arrêté autorisant le tir de nuit de l’animal sans nécessité d’autorisation. En janvier 2018, l’arrêté est jugé illégal par le tribunal administratif de Strasbourg. Cet arrêté à l’époque avait été notamment pris, officiellement, pour lutter contre la diffusion d’une maladie dangereuse pour l’homme et que le renard porterait : l’échinococcose alvéolaire. Avec cet arrêté, en 2016, 130 renards avaient été abattus de nuit, 120 en 2017. Or selon le collectif, l’animal, au contraire, serait « utile » notamment contre la maladie de Lyme en chassant des vecteurs de cette maladie que sont les mulots et les campagnols. Franck Vigna est porte-parole du Collectif Renard Grand Est :

L’animal peut-il être en danger avec ces tirs de nuit ?

Difficile de juger de la population d’un animal sauvage comme le renard. S'il n’est pas une espèce en danger en France, selon le Collectif Renard Grand Est, le nombre d’animaux tués et chassés auraient baissé de 30% dans le Grand Est.

Le collectif, qui demande l’arrêt définitif de ces tirs, parle d’un « acharnement » non justifié et d'arguments avancés par la préfecture dans son arrêté, ne tenant pas. Par exemple, selon eux, des clôtures suffiraient à protéger une exploitation avicole d’attaques du renard. Ils estiment que ces tirs de nuit pourraient même être contreproductif.

Florent de Brito

| mardi 28 août 2018 à 05:00

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