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Transferts de malades : le 1er RHC de Phalsbourg nous raconte

Transferts de malades : le 1er RHC de Phalsbourg nous raconte

Armée française - Opérations militaires

Mercredi 25 mars, le président Emmanuel Macron était en visite à l’hôpital de campagne militaire de Mulhouse. A 20h, le chef de l’Etat a pris la parole pour annoncer la mise en place de l’opération « Résilience ». Une opération consistant à transférer des malades du Covid-19 dans d’autres hôpitaux français ou étrangers. La tension était palpable à ce moment-là puisque plusieurs établissements hospitaliers étaient saturés.

Le 1er Régiment d’Hélicoptères de Combat de Phalsbourg a appris le soir-même qu’il allait devoir participer à cette opération. Mais le 1er RHC avait anticipé cette hypothèse et s’était déjà préparé.

Les hélicoptères Caïman au front face au Covid-19

Les équipes militaires ont mis à disposition des hélicoptères Caïman NH90 pour transférer les malades. Des hélicoptères qui ont déjà effectué des transports de blessés de guerre comme nous l’explique le Lieutenant-Colonel Raphaël, commandant par suppléance au 1er RHC.

Les aéronefs dont nous parlons sont des Caïmans. Ils sont utilisés en opérations extérieures depuis leur entrée en service au début des années 2010 et ils ont déjà évacué plusieurs fois des blessés de guerre. Mais le contexte opérationnel n'est pas le même. Quand il s'agit d'un blessé de guerre c'est de l'emmener au plus vite dans un hôpital, on n'est pas dans une logique de transmissions d'une maladie.

48 heures après les propos du Président de la République, les premiers patients ont été pris en charge par ces aéronefs. Aujourd’hui, ce sont près de 50 malades qui ont été envoyés dans d’autres hôpitaux.

Au total, nous avons eu 48 patients lors de 24 missions. Chaque mission a permis de transporter 2 patients à chaque fois. Ils ont été emmenés vers Clermont-Ferrand, Toulouse et Grenoble mais aussi vers des hôpitaux de nos partenaires allemands, suisses et autrichiens.

Chaque transfert était bien préparé avec le service de santé des armées, le Samu et les pompiers. L’hélicoptère était donc bien sûr bien équipé et protégé.

Pour ce qui concerne la protection des 3 membres d'équipage de conduite, nous avons isolé de façon étanche l'avant et l'arrière de l'appareil. A l'issue de chaque mission, l'appareil était entièrement démonté, nettoyé, désinfecté, de façon à pouvoir procéder à une mission suivante le jour-même ou le lendemain.

Depuis quelques jours, la situation s’est améliorée. Plus aucune mission n’a été réalisée mais le régiment de Phalsbourg se tient prêt au cas où.

Coordonner rigoureusement chaque transfert

Pour réussir chaque transfert, un homme gérait à distance chaque opération. Il s’agit du Commandant Jean-Baptiste, chef du bureau opération instruction par suppléance au 1er RHC.

La coordination et le dialogue étaient primordiaux entre chaque partie, que ce soit avec les équipes militaires ou les équipes médicales.

Toutes les missions ont été faites avec un dialogue permanent en amont et pendant la mission afin de permettre d'assurer un maximum de sécurité pour les patients. Le timing était très important en termes d'organisation pour être sûr d'avoir les hélicoptères quand les ambulances arrivaient. Mais le dialogue préalable faisait que les équipes médicales prévoyaient large et étaient en mesure de prendre en compte un patient longtemps en sol au sein des ambulances en attendant le feu vert pour les transferts.

Autre complexité dans son travail, les vols, puisque chaque pays a mis des mesures bien spécifiques en place à cause du coronavirus.

Le souci vient tout simplement des mesures prises partout dans le monde pour limiter les déplacements. Les aéroports ont une très faible activité ou sont fermés et donc chaque fois qu'on avait une destination nouvelle, il y avait un effort de fait pour avoir les bons points de contacts, savoir où poser, coordonner le ravitaillement et ainsi de suite.

Enfin, un dernier facteur était important à prendre en compte. La météo. Heureusement, dans la majorité des cas, elle était favorable.

On a bénéficié d'une météo particulièrement favorable sauf de mémoire le 2ème jour de la mission où j'ai eu une tempête de neige qui a empêché un hélicoptère de ramener l'équipe médicale sur Besançon. Le beau temps nous permet de circuler en basse altitude. il faut quand même rappeler qu'un hélicoptère est un appareil non pressurisé, c'est-à-dire que plus on monte plus on a un problème d'oxygène. Alors oui, on ne vole pas très très haut mais ça peut vite devenir problématique.

A noter que des renforts germanophones ont permis de faciliter le dialogue avec les intervenants allemands, autrichiens et suisses.

Au cœur de la soute avec un militaire

Lors de chaque mission, 2 patients étaient transférés en même temps. On retrouvait avec eux dans l’hélicoptère les pilotes dans le cockpit, 1 personnel médical militaire et les équipes du SAMU. Mais aussi le militaire facilitateur. Un rôle qu’occupait l’Adjudant-chef Sylvain, membre opérationnel de soute. Il a participé à 3 transferts (1 en Suisse, 1 en Allemagne et 1 en France à Clermont-Ferrand).

Mon rôle à moi était de faciliter la vie de l'équipe médicale et de veiller à ce que tout se passe bien dans la soute. Je communiquais avec l'équipage qui était devant et isolé. Mon rôle était d'installer le matériel, d'aider à la prise en charge du malade mais il ne s'agissait pas pour moi d'une prise en charge médicale à mon niveau.

Une mission millimétrée à chaque fois avec des protocoles bien précis. L’Adjudant-chef Sylvain était concentré et en aucun cas inquiet. Tout s’est bien passé.

Je n'étais pas inquiet dans le sens où on était quand même protégé. On s'était préparé en amont deux à trois jours avant la mission, on avait eu une instruction du docteur du centre médical des armées de Phalsbourg. On avait des combinaisons, on avait les mêmes protections que l'équipe du Samu. Une fois que la mission était terminée, il y avait une équipe de désinfection du 2ème Régiment de Dragons qui nous a désinfecté l'hélicoptère. On a fait un protocole aussi de déshabillage c'est-à-dire qu'on ne se déshabille pas n'importe comment. On a changé d'habits et on s'est désinfecté les mains. A aucun moment, je n'ai eu peur d'attraper la maladie.

Pour ce militaire, c’est une réelle fierté de pouvoir aider à sa manière la France et les hôpitaux.

C'est une grande fierté d'avoir participé à cette mission. On a évacué des gens qui étaient plus ou moins mal en point, on ne va pas se mentir. D'avoir participé à sauver des vies, on est fier de ça. Quand je rentrais à la maison, j'étais très fatigué le soir parce que les missions étaient longues et je racontais à mon épouse et à mes enfants qu'on a participé à sauver la vie de personnes et ça fait plaisir. On a eu les remerciements d'une famille sur les réseaux sociaux et ça fait chaud au coeur de voir que les gens sont contents.

Depuis le début de la pandémie, le 1er Régiment d’Hélicoptères de Combat ne déplore aucun cas avéré de Covid-19.

Ces interviews ont été réalisées avant le crash d'un hélicoptère du 5ème RHC dans les Hautes-Pyrénées ce mercredi. On dénombre 2 morts et 5 blessés.

 

Cédric Kempf

| jeudi 16 avril 2020 à 10:29 - Mise à jour le 17 avril 2020 à 06:27

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