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Confinement : encore des semaines difficiles pour les restaurateurs…

Confinement : encore des semaines difficiles pour les restaurateurs…

Lundi dernier, Emmanuel Macron a annoncé le maintien de la fermeture des bars, des restaurants et tout autre lieu rassemblant du public, au-delà du 11 mai, alors que dans un même temps, il prévoit le retour progressif des élèves à l’école.

Des mois difficiles

Une décision qu’Olivier Kowalszyk, gérant de l’hôtel-restaurant Relais Diane à Seingbouse, juge paradoxale.

Depuis le 15 mars, plus aucune recette ne rentre dans ses caisses. Une situation gérable pour le moment, mais pas sur du long terme.

Nous avions bien travaillé ces deniers mois, donc pour l’instant nous avons une trésorerie assez saine pour permettre de pallier au manque de recettes, mais il ne faudrait pas que ça dure.

Si certains restaurateurs se mettent à la livraison ou aux plats à emporter, ce n’est pas envisageable pour Olivier Kowalszyk.

On ne faisait pas ça auparavant. Donc se lancer dans la livraison de plats c’est compliqué car nous n’avons pas l’équipement nécessaire contrairement aux restaurateurs qui faisaient déjà de la livraison.

La grande inconnue aujourd’hui c’est la date de réouverture des restaurants. A ce jour il est également difficile de prévoir l’affluence le jour où l’activité pourra reprendre.

Dans l’hypothèse où son hôtel-restaurant serait fermé pour 3 mois complets, la perte financière s’élève à quelques 60 000 euros.

« Une troisième guerre mondiale »

A Longeville-lès-Saint-Avold, Yolande Backes est la gérante du Moulin d’Ambach. Un établissement de 7 salariés, ouvert depuis 1984. En 36 ans d’activité, elle n’a jamais vu ça.

C’est dramatique comme situation. Je ne pensais pas vivre ça un jour. Nos anciens parlaient de la première guerre mondiale, de la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui je crois que la troisième guerre mondiale est une pandémie.

A situation exceptionnelle, dispositif d’aides exceptionnel. Le gouvernement a mis en place de nombreuses mesures pour venir en aide aux restaurateurs : reports ou suppressions de charges, de loyers, prêts garantis par l’Etat, fonds de solidarité, etc…

Face aux différentes aides en place, on peut rapidement se noyer sous la paperasse. Pour Yolande, il est important d’avoir un expert comptable. Ça simplifie beaucoup la vie.

Un bon expert comptable et un bon banquier c'est primordial. Et un banquier qui vous fait confiance… Sinon ça ne va pas du tout. C’est impensable pour moi de faire ça seule, face à l’épidémie.

Autre point important et qui reste flou encore aujourd’hui pour Yolande, c’est la couverture des assurances.

Dans les multi-risques professionnels, il y a une couverture pour perte d’exploitation, ce qui est le cas actuellement. Mais bien souvent ce qui entre dans le cadre d’une perte d’exploitation, ce sont les cas de forces majeures comme les incendies ou les dégâts des eaux. Donc pour l’heure et de mon expérience personnelle, l’épidémie n’est pas reconnue comme un cas de force majeure.

De nombreux grands chefs de France ont alerté le gouvernement pour que cette épidémie soit reconnue comme une catastrophe naturelle. Par ailleurs Emmanuel Macron a également demandé aux assureurs de faire des efforts. Yolande Backes espère donc que la situation bougera rapidement.

L’espoir d’une consommation locale

Malgré la situation difficile, certains essaient de rester optimistes.

Je suis quelqu’un d’optimiste et je vois toujours le verre à moitié plein. L’annonce de la suppression des charges m’a ôté un poids. Sans cette suppression, l’inquiétude aurait été grandissante. Je me veux positive. Donc j’ose imaginer l’après confinement, très positif.

Nancy Campanella, gérante de Porte d’Italie et du Green à Sarreguemines, qui comptent en total 40 employés, espère surtout que ce confinement va faire prendre conscience à la population de consommer local.

Il faut que tout le monde ait à l’esprit que faire marcher le commerce local c’est quelque chose qui va être très important, que ce soit pour les restaurateurs, les commerçants, le centre-ville, les agriculteurs… Consommons local.

Elle a d’ailleurs trouvé une belle petite citation : « Au lieu de consommer Amazon, consommons dans ma zone ».

En attendant, Nancy doit faire face à plusieurs centaines de milliers d’euros de perte sur ses deux restaurants. Surtout après de nombreuses annulations…

On a dû annuler énormément de manifestations qui étaient prévues : des tournois de golfeurs, un nombre incalculable de communions… On avait déjà tout un planning de réservations et de manifestations programmées. Tout a été annulé. Je pourrais chiffrer le chiffre d’affaires perdu, mais je n’ai pas envie de me démoraliser plus que ça…

Si Nancy reste optimiste malgré tout, elle sait que la reprise sera plus difficile pour le restaurant du Green qui n’a même pas un an, que pour la Porte d’Italie qui a déjà 8 ans d’existence.

 

Julie Chaput

| dimanche 19 avril 2020 à 06:03 - Mise à jour le 20 avril 2020 à 06:57

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