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Travail renforcé, solitude dans la rue: l'UDAF et les sans-abris confrontés à 2020

Travail renforcé, solitude dans la rue: l'UDAF et les sans-abris confrontés à 2020

Confinement ou non, avec l'hiver approchant, les maraudes ne s’arrêtent pas. Cette année a bien sûr été marquée par la pandémie qui a modifié le quotidien des employés de l’UDAF, mais surtout celui des personnes dans la rue.

« Au début, je n’étais au courant de rien ». Devant un garage qu’il a aménagé depuis quelques jours, Daniel se rappelle des premiers jours du premier confinement, au mois de mars.

A l’époque, alors que le maître-mot est de rester chez soi, cet ancien habitant de Stiring dort lui depuis déjà un an à l’extérieur, d’abord dans une forêt, puis dans sa voiture.

Mais comme beaucoup de sans domicile fixe, c’est surtout la solitude qui est renforcée :

Là vous vous retrouvez tout seul, tout ça c’est un peu, vous vous sentez un peu oubliés. c’est comme si vous étiez de côté. Même les assistantes sociales, ou le CCAS. Quand j’allais au CCAS pour chercher mon courrier parce que je suis SDF, je dors dehors, ils savent que je dors dehors. Ils mettaient un mot à la fenêtre pour dire « toquez à la fenêtre pour récupérer votre courrier ». On ne me disait pas « est ce que vous allez bien » ou quoi que ce soit. Ils ouvraient la fenêtre, ils vous donnaient votre courrier et c’était fini.

"On a dû prendre le relai de tous les autres dispositifs du secteur"

Depuis une semaine, Daniel se débrouille comme il peut pour se réchauffer alors que les températures commencent doucement à baisser. Tente déployée, chaleur produite à l’aide de bougies chauffe-plats, toutes les astuces sont bonnes pour essayer de contrer un peu l'hiver qui approche.

Cet après-midi, l'équipe mobile de l'UDAF (Union Départementale des Associations Familiales de la Moselle) est venue lui apporter un matelas et une boisson chaude : « S’ils ne passaient pas (pendant le confinement), je ne verrais personne », admet-il.

Elise Grun et Pascal Stelletta sont les deux éducateurs spécialisés de la maraude aujourd'hui. Dans leur voiture, nourriture, vêtements chauds sont préparés ...et aussi quelques masques : « Mais les gens sont plutôt bien équipés » nous assure Élise.

Pour eux, le quotidien n'a presque pas changé cette année, notamment pendant le confinement. Mais Elise a aperçu tout de même une légère différence : 

On voit moins de personnes en rue. On n’intervient plus sur rendez-vous avec les personnes ou par des signalements des partenaires qui nous font part de personnes en difficulté.

Pour autant, le mois de mars a aussi eu son lot de travail supplémentaire pour les équipes de l’UDAF :

La particularité du premier confinement ça a été que toutes les institutions étaient fermées. Et donc nous on a dû prendre le relai de tous les dispositifs sur le secteur. On a eu un peu de chances c’est que le 115 a ouvert des places supplémentaires, ce qui nous a facilité la tâche parce que les personnes à la rue, malgré le confinement, restent à la rue. Et la difficulté qu’on avait avec les autres hébergements c’est que les entrées et sorties étaient filtrées. Du fait du covid, les nouveaux entrants pouvaient contaminer le collectif donc les personnes qui se retrouvaient à la rue étaient soit placées dans des institutions qui avaient de la place, soit en hôtel.

"Se retrouver isolé, ça a été compliqué pour beaucoup"

Durant leurs maraudes, les équipes de l'UDAF couvrent un large secteur de Moselle-Est. En plus de cela, un accompagnement est aussi apporté aux personnes dans le besoin. A Sarreguemines, nous rencontrons Fabien*. Ce dernier va emménager dans un nouvel appartement : 

Heureusement que j’ai eu ce logement parce que la rue ce n’est pas facile. Et ils ont fait du bon boulot. Ils m’ont beaucoup aidé. Au niveau de la douche, parfois des habits, des paperasses. J’étais plus bien dans la tête. On s’est bien occupé de moi quoi.

Pour lui, qui a vécu quelque temps dans une tente, c'est un nouveau départ pris. Il se souvient aussi de cet isolement ressenti pendant les premiers mois de confinement. Et il n'est pas le seul rappelle Pascal : 

On a quand même ressenti une différence entre le deuxième et le premier confinement. Même les gars en rue trouvaient qu’il y avait peut-être un peu plus de facilité de se déplacer. Du fait aussi qu’ils avaient vécu le premier confinement, une chose un peu inédite aussi. Se retrouver comme ça, isolés du jour au lendemain, ça a été compliqué pour beaucoup de gars. Et c’est pour ça que pendant le deuxième confinement, on a réussi à créer du lien avec ces personnes-là et à les orienter plus facilement vers des structures d’hébergement.

Un accueil de jour à Sarreguemines

Depuis un an, un accueil de jour a aussi été mis en place par l’UDAF à Sarreguemines, en plus de celui déjà existant à Forbach. Un endroit qui permet de retrouver du lien social mais qui a lui aussi été soumis aux règles sanitaires :

Après nous, on a notre fonctionnement avec le confinement actuel qui est un peu modifié avec le port du masque, les gestes barrières et un nombre limité de personnes dans la salle commune en simultané donc il y a un effet de roulement mais en même temps comme les personnes se déplacent moins. Il y a aussi moins de fréquentation de ce fait.

A Sarreguemines, comme à Forbach, les activités de groupes habituellement organisées ont dû être logiquement limitées. 

Les horaires des maraudes n'ont elles pas changé. Si une personne se trouve en difficulté, il est possible de contacter l'équipe mobile de l'UDAF : 06.78.95.46.33

 

* Le prénom a été modifié.

 

 

 

Laurie

| jeudi 10 décembre 2020 à 09:34 - Mise à jour à 10:56

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