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Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

Emmylou est souffleuse de verre depuis 3 ans en intermittence au Centre International d’Art Verrier à Meisenthal. Elise l’a rencontrée.

Son N°1 - Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

Emmylou travaille dans le milieu du handicap, mais elle a une autre casquette : elle est souffleuse de verre depuis 3 ans. Une passion qu’elle a découverte un peu par hasard.

Enfant, j’avais très peu entendu parler de ce métier, je n’y connaissais rien et j’avais en plus beaucoup d’a priori. À un moment, j’ai décidé de changer de métier, je voulais faire du vitrail, à la base, et, par hasard, je me suis retrouvée dans une école où on faisait du verre chaud. Ça a été une révélation en quelque sorte.

Ce qui fascine Emmylou dans ce métier, c’est la fusion du verre.

Ce qui a fait le déclic dans ma tête, quand j‘ai commencé à travailler le verre, ça a été de le voir chaud, avec cet aspect de miel, de caramel, la fusion, la chaleur. Il y a un côté très challenge dans le travail du verre.

Un vrai challenge au niveau du temps, car aussitôt la pièce sortie du four, il n’y a pas une seconde à perdre

On ne peut pas commencer une pièce et se dire « aah, je suis mal partie, je vais faire une pause pour réfléchir ». Là, une fois qu’on a sorti le verre du four, on est obligé d’aller au bout du processus. Le verre, s’il refroidit à l’air libre, il va casser. On le fait redescendre progressivement à température ambiante dans d’autres types de fours.

C’est un travail assez physique, où il faut être en mouvement, s’asseoir, se relever et supporter les fortes chaleurs émanant des fours. Malgré ces contraintes, Emmylou pense qu’il y a de plus en plus de femmes qui se tournent vers ce métier.

Pendant, longtemps, ça a été un métier réservé exclusivement aux hommes, qui d’ailleurs se transmettait majoritairement de père en fils. Ça fait moins de 200 ans, je dirais que les femmes ont le droit de travailler le verre et encore moins longtemps qu’il y a des écoles dans lesquelles on peut se former.

Il n’y a que deux écoles en France : l'une est à Moulin, dans le centre de la France et l'autre à Sarrebourg. C’est là qu’Emmylou a suivi sa formation. À la suite d’un stage réussi au CIAV de Meisenthal, elle y revient chaque année pour des petits contrats de plusieurs mois.

Les différentes étapes pour fabriquer un objet en verre

En ce moment, Emmylou et ses collègues du CIAV de Meisenthal fabriquent des vases mini. Ce sont de petits vases réservés aux enfants, pour qu’ils y mettent leurs cueillettes de fleurs. Emmylou vous apprend comme on fabrique un objet en verre en prenant exemple sur cette pièce du moment : le vase mini.

Pour la première étape, il faut se munir d’une canne à souffler, un grand tube percé.

Son N°2 - Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

La première étape, c’est de faire préchauffer une canne à souffler. L’avant de la canne est en acier réfractaire et il est essentiel que le bord de la canne atteigne à peu près 500 degrés pour que le verre y adhère. Chercher du verre chaud avec une canne froide, ne donnera absolument rien puisque le verre va se contenter d’y glisser.

Une fois le bord de la canne chauffé à près de 500 degrés dans le chauffe-canne, on passe à la seconde étape.

Son N°3 - Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

Je vais pouvoir aller récupérer du verre dans le four de fusion. Le verre dedans, il est assez liquide, il a un peu une texture de miel, ce qui fait qu’on est obligé de garder tout le temps une rotation de la canne à partir du moment où on a cueilli du verre.

La troisième étape : on pose la couleur.

Son N°4 - Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

La couleur, c’est de la poudre de verre qui a été teintée dans la masse, puis broyée, réduite en petits grains, ce qui va générer la couleur dans le verre, c’est l’ajout d’oxyde de métaux. Chaque couleur a son petit mélange d’oxyde. Là, je travaille avec du bleu. Le bleu, c’est en général à base d’oxyde de cobalt. Certains oxydes de fer peuvent également servir au bleu, mais essentiellement, c’est du cobalt.

Ensuite, une fois la couleur mise, il faut s’assurer qu’elle fonde correctement, devienne bien homogène et qu’elle adhère parfaitement à la préparation. Il faut donc le remettre au four. Petite précision : le verre en fusion est chauffé à plus de 1 150°C.

Son N°5 - Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

Maintenant, je vais retourner au banc et je vais utiliser une mailloche. C’est comme une grosse cuillère à soupe qui va me permettre d’arrondir et de centrer le verre dans l’axe de la canne. Une fois que c’est fait, je vais pouvoir amorcer le premier souffle, donc faire sortir la petite bulle dans ma préparation. Pour ça, je souffle dans la canne et je bouche l’arrière de la canne avec mon doigt pour emprisonner de l’air dans le tube. L’air se dilate au contact de la chaleur donc, gonfle et vient percer la matière à l’avant. C’est comme ça qu’on fait sortir la petite bulle. Ensuite, souffler n’est pas si compliqué puisque plus le verre sera chaud, moins il faudra souffler fort.

 

Une fois qu’elle a soufflé dans la canne, Emmylou remet la préparation dans le four pour augmenter sa température et la rendre à nouveau un peu coulante, bien chaude, pour qu’elle prenne l’empreinte du moule en fonte qui permettra d’avoir de petites cannelures à la surface du verre. Elle penche la canne vers le bas pour que le verre s’allonge de lui-même, puis direction le moule à côtes. Puis elle met le bout de sa canne dans le moule et elle souffle à nouveau.

Et c'est la dernière étape ! 

Son N°6 - Emmylou, souffleuse de verre à Meisenthal : un métier technique et passionnant

Je vais déjà prendre une palette, pour m’assurer que le fond soit bien droit, une palette en bois, un morceau de planche, que je vais passer sur le fond pour le rendre bien plat. Et puis, avec des fers à trancher, je vais commencer à réduire le diamètre de l’ouverture, et préparer le détachage de l’objet. Pour détacher un objet au bout de la canne, puisque le verre ne va pas pouvoir y refroidir, sinon en quelques minutes, ça casserait, ça éclaterait des tensions qu’il y aurait dans le verre suite à un choc thermique. Là, le verre, comme je l’ai sorti à 1150°C, en l’espace de deux minutes, il est déjà à 700-800°C, et il est dur et nous on ne peut plus rien en faire. En dessous de 500°C, ça devient dangereux donc on va utiliser une arche de recuisson pour faire redescendre le verre très progressivement à température ambiante.

Pour détacher l'objet de la canne, il suffit de taper un coup sec sur la marque faite à l'aide des fers à trancher. L'objet se sépare net de la canne, sans cassure. Les objets restent toute la journée de travail dans l'arche de recuisson. Ce n'est que le lendemain qu'ils sont sortis et examinés. Les finitions des vases minis sont faites à froid. Chaque objet est vérifié et ensuite, c'est direction la boutique du CIAV de Meisenthal.

Elise Jeannelle

| vendredi 27 août 2021 à 06:52 - Mise à jour à 10:53

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