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Don de sperme : bientôt un accès à des données non-identifiantes du donneur ?
Actualité - Publié le vendredi 27 avril 2018 - Temps de lecture : 5 min

Auteur :
Par Julie Chaput

Zoom aujourd'hui sur le don de sperme. A quoi ça sert, quelles sont les démarches, est-ce anonyme... ? Le Dr Isabelle Koscinski, médecin biologiste de la reproduction au CHU de Nancy, répond à nos questions.

Le don de sperme, ça sert à qui, à quoi ?

Actuellement, le don de sperme permet à des couples hétérosexuels en âge de procréer d’avoir un enfant dans deux situations : le plus souvent l’infertilité masculine mais parfois aussi dans le risque de transmettre à son enfant une maladie génétique.

Quelles sont les démarches pour être donneur de spermatozoïdes ?

Tous les hommes âgés de 18 à 45 ans et en bonne santé peuvent se porter candidats. Depuis octobre 2015, le don est ouvert également aux adultes sans enfants. Le don est une démarche volontaire. Le don est anonyme et gratuit.

Tout commence par un rendez-vous de consultation dans un CECOS c’est-à-dire un Centre d’Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme de France ; en Lorraine le CECOS se trouve dans le service d’Aide Médicale à la Procréation, à la maternité régionale, 10 rue du Dr Heydenreich à Nancy. Téléphone : 03 83 34 43 09.

Lors de cette consultation, le praticien vous rappellera la loi et vous interrogera sur vos antécédents médicaux ainsi que ceux des membres de votre famille. Par la suite, vous ferez un bilan sanguin et bien sûr une analyse de sperme.

Si votre bilan biologique est normal et que vous n’avez pas de risque particulier de transmettre une maladie, alors votre candidature est acceptée. Vous serez invité à effectuer au total 6 prélèvements par masturbation. Les spermatozoïdes seront congelés dans des paillettes conservées dans de l’azote liquide jusqu’à leur attribution. Cette attribution tient compte du groupe sanguin, de la couleur de la peau, des yeux et des cheveux.

Si vous n’avez pas d’enfant, la loi prévoit la possibilité de conserver aussi des spermatozoïdes pour votre usage personnel.

L’infertilité pour les couples est une épreuve de vie difficile à laquelle se rajoute une attente de 18 mois pour ceux qui demandent des spermatozoïdes de donneurs. Pourquoi ? Parce qu’il y a trop peu de donneurs pour répondre à la demande de la quarantaine de nouveaux couples par an.

Y a-t-il une augmentation de candidatures ces dernières années ? Assiste-t-on à une prise de conscience ?

Effectivement, on note une augmentation nette du nombre de candidats donneurs ces dernières années notamment grâce à l’ouverture aux hommes sans enfants ; ainsi en 2015, une dizaine de candidats donneurs se sont présentés au CECOS Lorraine, en 2016, une vingtaine et en 2017 une quarantaine. Le changement, depuis 2016, c’est que deux tiers des candidats n’ont pas d’enfant. La moitié des candidats sont écartés en raison de l’enquête génétique ou du bilan biologique.

Vous l’avez compris, plus de donneurs permettraient de réduire l’attente des couples demandeurs de spermatozoïdes de donneurs à moins d’un an.

Des informations sur le donneurs bientôt accessibles ?

On rappelle que le don de sperme est gratuit et anonyme ?

Exactement, mais parce que la société évolue, la loi de bioéthique qui régit le don est révisée tous les 7 ans maximum, et les états généraux sont en cours. En matière de don de sperme, l’accès à l’AMP pour toutes les femmes, et l’anonymat du don de gamètes y sont débattus. Attentive à la demande de certains enfants nés par don, la fédération des cecos propose que ceux-ci puissent avoir accès à des données non identifiantes du donneur. C’est une avancée qui pourrait être significative dans le milieu médical si elle voyait le jour.

Il faut savoir que le don est anonyme. Ce qui signifie qu’aucune information sur le donneur ne peut être fournie aux enfants nés grâce à un donneur de spermatozoïdes. La loi bioéthique débattue cette année pourrait changer la donne. Il ne s’agit pas d’une levée partielle de l’anonymat, l’identité du donneur serait toujours secrète, mais il s’agirait d’un accès à des données non identifiantes du donneur.

Ecoutez Isabelle Koscinski, médecin biologiste de la reproduction au CHU de Nancy.

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Ce changement de position vise à répondre à la demande de certains enfants nés par don et qui souhaitent en savoir plus. Alors on pourrait se demander pourquoi ne pas lever tout simplement l’anonymat ?

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Pour l’heure rien n’est décidé. Il faudra attendre la fin de l’année et la fin des débats sur la loi bioéthique pour savoir si les données non-identifiantes du donneur pourront être accessibles.


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