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La chronique végétale : L'aigremoine eupatoire

La chronique végétale : L'aigremoine eupatoire

L’aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria)

 

Histoire et anecdotes

Des fruits de cette plante ont été trouvés dans plusieurs dépôts du néolithique. L’aigremoine doit peut-être son nom à sa préférence pour les friches, agrios étant le « sauvage » en grec et monias le « solitaire ». Selon certains auteurs, c’est le souverain grec d’origine perse Mithridate VI Eupator (132-63 av.J.-C.) qui aurait donné son nom d’espèce eupatoria. On raconte que Mithridate consommait régulièrement diverses substances toxiques, à petite dose, afin de développer une résistance aux tentatives d’empoisonnement sur sa royale personne.

Déjà connue de Dioscoride et de Pline, elle était très utilisée en Grèce pour soigner les problèmes de vue et, sous forme d’infusion, pour réduire les problèmes digestifs

Elle symbolise la gratitude. On l’offre à une personne en reconnaissance de ses services. Elle exprime aussi la confiance et la jovialité.

Les sorciers disaient que les fleurs se fanent instantanément quand on entre dans une maison habitée par le démon. Les sorciers endormaient leurs ennemis en bourrant leur oreiller avec cette plante.

Au IXème siècle, le botaniste bénédictin Walafrid Strabon rend hommage à l’aigremoine en soulignant ses propriétés stomacales et vulnéraires surtout : « Si jamais quelque fer meurtrier inflige à nos membres une blessure, il est conseillé d’appeler au secours l’aigremoine et d’appliquer sur la plaie béante ses pousses fin coupées ». Trois siècles plus tard, Hildegarde de Bingen mentionne dans ses écrits une Agrimonia, qu’elle désigne comme un remède de la gorge et de la poitrine, ainsi que de l’estomac

En Asie Orientale, les graines réduites en farine ont servies à faire des “nouilles”.

 

Description botanique

C’est une plante herbacée vivace de 40 à 60 cm de haut, à tige velue rougeâtre non ramifiée. La tige porte des feuilles composées de 3-6 paires de folioles principales entre lesquelles s’intercalent des paires de folioles plus petites.

Les fleurs sont jaunes, assemblées en grappes terminales pouvant s’élever jusqu’à un mètre du sol. Elles fleurissent en juillet août.

Les fruits sont des akènes marqués de sillons, qui possèdent des poils crochus à leur sommet et se détachent facilement, ce qui facilite leur dissémination par les animaux ou les êtres humains.

Elle pousse dans les prairies sèches, les taillis, les bords de route et de chemins. Elle est souvent présente sur des sols calcaires.

 

Usage médicinal

On utilise les feuilles et les sommités fleuries. La plante est riche en tanin, avec des propriétés astringentes, anti-diarrhéiques et hémostatiques.

Elle s’utilise en usage interne pour le traitement des diarrhées légères, en cas de digestion lente et difficile, dans l’insuffisance veineuse et les crises hémorroïdaires, en usage externe en gargarisme pour l’hygiène bucco-pharyngée, en collyre ophtalmologique, pour les problèmes circulatoires des membres inférieurs.

Son infusion offre une boisson dorée au goût agréable, quoique que peu prononcé et tannique appelée le thé des bois. Sa réputation dans les traitements des affections de la gorge et de la bouche faisait autrefois de ce thé le bonheur des artistes. Les comédiens et chanteurs confiaient leurs cordes vocales au bon soin du breuvage.

 

Précautions

Il ne faut pas confondre cette plante avec une espèce jumelle moins commune, l’aigremoine odorante (Agrimonia procera), qui n’a pas de vertus médicinales.

Qu’importe la plante sauvage que l’on ramasse, il faut préalablement savoir l’identifier sans aucun doute possible. Au préalable, faites vous montrer la plante par un connaisseur et apprenez à la reconnaître.

Les informations médicales données ici ne le sont qu’à titre indicatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical d’un professionnel, seul en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé, de poser un diagnostic et de définir une posologie. De façon générale, les effets d’une plante ne sont pas anodins. Une plante sauvage peut présenter des contre-indications selon les personnes ou avoir des interactions avec des traitements médicamenteux en cours. Par conséquent, un minimum de connaissances et un avis médical préalable sont essentiels avant tout usage d’une plante sauvage.

Un avis médical préalable est également indispensable pour les femmes enceintes, allaitantes et les enfants.

Consommer des plantes sauvages crues expose à un risque de parasitose, par exemple l’échinococcose alvéolaire. La cuisson complète uniquement élimine le danger parasitaire.

Le cueilleur responsable ne collecte que ce dont il a besoin pour sa consommation, en respectant la nature et le droit de propriété.

Enfin, l’environnement de cueillette est important. On évitera les endroits pollués.

 

Sources :

http://www.wikiphyto.org/wiki/Aigremoine

http://www.sauvagesdupoitou.com/82/657

https://booksofdante.wordpress.com/tag/aigremoine-infusion/

Chronique réalisée par Gilles, ethnobotaniste et mycologue 

 

 

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