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Chronique végétale : l'herbe

Chronique végétale : l'herbe

L’herbe

Définir l’herbe

Pour le Larousse, l’herbe désigne des plantes dont la tige molle et verte meurt chaque année, mais aussi une petite plante qui pousse naturellement partout quand les conditions lui sont favorables ou alors une végétation naturelle de plantes herbacées diverses comme le gazon. Intuitivement on retirera les arbres de la notion d’herbe.

L’herbe n’a pas de définition botanique précise. Dans cette chronique, on désignera de façon plus étroite l’herbe les plantes comme les graminées, notamment les graminées fourragères, qui constituent les herbages, les prairies et les pelouses, et les familles voisines par leur morphologie, joncacées (les joncs) et cypéracées (les carex).

L’herbe, donc essentiellement les graminées, est à la base de formations végétales caractéristiques qui occupent d’importantes surfaces de la planète. Celles-ci incluent les herbes hautes (savane des régions tropicales), les herbes basses (prairies naturelles de la steppe eurasienne, la Grande Prairie en Amérique du Nord, la pampa d’Argentine), les prairies permanentes et artificielles des zones tempérées et champs de céréales cultivées) ainsi que les herbes rases (toundra des zones sub-arctiques), les pelouses des montagnes et le gazon des pelouses urbaines.

L’herbe à l’origine de l’humanité ?

Dans la théorie de l’East side story popularisée par le paléontologue Yves Coppens, dans l’est de l’Afrique, il y a moins de 10 millions d’années, un remplacement progressif des forêts par la savane, dû à un assèchement du climat, contraint les grands primates à descendre au sol, à se redresser pour y repérer nourriture ou prédateurs, à devenir des bipèdes aux mains libres, façonneurs d’outils, au cerveau bouillonnant. Cette hypothèse, séduisante au premier abord, est  abandonnée de nos jours.

En effet, l’observation, depuis les années 1960, du répertoire locomoteur des grands singes relance l’idée d’une bipédie liée à la suspension dans les arbres.

Mais néanmoins, les graminées ont joué une part importante dans l’histoire de l’homme.

L’herbe à l’origine des sociétés 

Au Proche-Orient vers 12 500 av. J.-C., des communautés commencent à se regrouper en villages et à récolter des graminées sauvages. Vers le IXe millénaire, les villageois récoltent les graines et les sèment : des millénaires avant l’invention du tracteur, l’agriculture était née. Les agriculteurs se concentrent au IVe millénaire dans la région du Croissant fertile, où de grands fleuves favorisent l’irrigation des champs. Mais d’autres foyers agricoles se développent aussi, en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est. C’est ce qu’on appelle la révolution néolithique, à l’origine des grandes civilisations.

Les graminées sont cultivées depuis au moins 10 000 ans. Depuis le début de leur domestication, le blé tendre (Triticum aestivum), l'orge (Hordeum vulgare) et l'avoine (Avena sativa) dans le croissant fertile au Proche-Orient, le sorgho (Sorghum bicolor) et le mil (Pennisetum glaucum) en Afrique, le riz (Oryza sativa) dans le sud-est de l’Asie et le maïs (Zea mays) en Méso-Amérique, ont rendu possible l’établissement de communautés humaines et le développement de civilisations. La canne à sucre, première culture mondiale par l’importance des tonnages récoltés, est la première source de sucre.

Pourquoi les chasseurs-cueilleurs sont-ils devenus agriculteurs ? Pour faire du pain ou …de la bière ? Le débat est relancé avec la découverte, en Israël, des plus anciennes traces d’alcool dues à la main de l’homme : 13 000 ans. Une chose est cependant certaine, la datation de 11 700 et 13 700 ans de cette bière soulève énormément de questions et notamment celle de savoir si le besoin rituel en bière n’aurait pas été à la source du besoin d’une agriculture sédentaire… Ce qui changerait énormément notre vision de la naissance de nos civilisations modernes.

Les origines du passage de chasseur cueilleur à agriculteur sont loin d’être complètement élucidées, mais il est certain que les graminées ont jouées un rôle essentiel.

Renouer avec l’herbe

Le vert aurait une vertu apaisante et permet de lutter contre les îlots de chaleur urbain. À voir les balcons et les toits de nos immeubles, les trottoirs de nos villes, les citadins d’aujourd’hui tentent d’en tirer leçon. La verdure commence à reprendre ses droits, comme pour répondre à un désir, comme pour retrouver des émotions perdues. La joie de l’enfant se roulant dans l’herbe, le repos après un déjeuner sur l’herbe, l’odeur du foin coupé, l’homme ne peut se passer du végétal. Après avoir contribué à sa naissance, l’herbe est peut être ce qui le sauvera.

Source : La fraîcheur de l’herbe d’Alain Corbin (Édition Fayard Histoire)

Chronique réalisée par Gilles, ethnobotaniste et mycologue

 

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| mercredi 2 octobre 2019 à 11:38

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