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Chronique végétale : le chêne

Chronique végétale : le chêne

Le chêne pédonculé 

 

Histoire et anecdotes

Le chêne est un arbre sacré dans de nombreuses traditions, le roi de la forêt, investi de privilèges accordés à la divinité suprême parce qu’il attire la foudre et symbolise la majesté. En tout temps et en tout lieu, le chêne est synonyme de force et de solidité. C’est l’arbre le plus sacré des druides autour duquel s’effectue énormément de cérémonies et rituels, tels la cueillette du gui. C’est autour des plus vieux et illustres chênes que s’organisaient les sanctuaires des druides. D’après Pline l’Ancien, lequel s’appuie sur le mot grec désignant le chêne (drûs), le nom des druides est en relation étymologique avec le nom de chêne, d’où la traduction hommes de Chêne. Adoré par les Celtes, le chêne était ainsi l’équivalent d’un temple. Ils croyaient ces arbres habités par des nymphes dont elles en épousaient la forme, d’où la création de mesures sévères pour condamner ceux qui les abattaient sans nécessité.

C’est auprès d’un chêne qu’Abraham reçut les révélations de Yahvé. Le chêne était ainsi un instrument de communication entre le ciel et la terre.

C’était donc un arbre dans lequel les dieux parlaient, où les druides cueillaient le gui sacré et dans lequel également Héraclès tailla sa massue invincible.

Au Moyen Âge, l’image de Saint-Louis rendant la justice sous son chêne à Vincennes est restée profondément ancrée dans notre imaginaire collectif. De nos jours, c’est un rameau de chêne qui orne les centimes d’euro allemands et sa feuille est présente sur les médailles de la légion d’honneur.

 

Description botanique

C’est un grand arbre de 25 à 35 mètres de haut environ qui peut dépasser les 40 mètres. C’est essentiellement un arbre des plaines, collines et de la base de l’étage montagnard. Il ne monte pas au-delà de 1300 m d’altitude. Sa longévité atteint facilement 500 ans, mais des arbres ayant de 700 à 1200 ans peuvent exister. Les feuilles caduques sont souvent groupées en bouquets. Elles sont munies d’un très court pétiole, et de deux petits lobes à la base, appelés oreillettes.

Espèce monoïque (fleurs mâles et femelles en des endroits différents de l’arbre), la floraison a lieu d’avril à mai, avant la feuillaison. Les chatons s’ouvrent en avril-mai. La fructification a lieu tous les deux ou trois ans, à partir de 60 ans. Les glands sont souvent groupés par 3 sur un long pédoncule fin de 4 à 10 cm.

Les glands tombent lors de la glandée en automne. Ils nourrissent les cochons (surtout autrefois) et aussi les sangliers, leurs cousins sauvages.

Usage culinaire

Les glands bruns et murs peuvent se consommer. Riches en amidon, ils constituent une réserve en glucides. Avant de les consommer, il est essentiel de les débarrasser de leurs tanins. Riches en tanins, il faut préalablement retirer ces tanins et c’est une étape plus ou moins longue en fonction de la variété du chêne. Entaillez l’enveloppe extérieure des glands et les cuire à l’eau bouillante 15 minutes. Retirer la peau épaisse et la fine pellicule entourant les deux cotylédons. Les concasser en morceaux grossiers, et les faire cuire une vingtaine de minutes. Répéter l’opération en renouvelant l’eau jusqu’à ce qu’ils aient perdu leur amertume. L’eau de cuisson est marron, elle redevient claire en l’absence de tanins, signe que les glands sont prêts à être consommés, après avoir été décortiqués. On peut en faire de la farine ou du café. Les glands de chêne étaient à cet effet utilisé comme ersatz autrefois en période de disette.

Pour faire un café, fendez les noyaux, mettez les dans un plat allant au four et couvrez-les. Faites griller à feu doux dans un four pour assécher lentement. Veillez aussi à remuer fréquemment. Une fois que les glands seront grillés et présenteront une couleur moyennement claire ou sombre, vous pouvez les broyer. La mixture obtenue peut être mélangée au café vendu dans les commerces ou utilisée directement pour faire du café noisette

Usage médicinal

L’écorce de tige et les feuilles, par les propriétés astringentes, sont médicinales, en voie externe pour les inflammations cutanées, engelures, gerçures (bain, cataplasme) et en voie orale pour les diarrhées aiguës

Autres usages

La France est le premier pays producteur de chênes en Europe et deuxième dans le monde, après les États-Unis. La France est donc par excellence, le pays des chênes.

Les bois de bonne qualité sont utilisés en décoration intérieure, tranchage pour placage, mobilier et ébénisterie, escaliers, tournerie, sculpture, merrains de tonnellerie. Les bois de qualité plus ordinaire en menuiserie, parquet, construction (charpente, solivage) traverses de chemin de fer, poteaux et piquets. Autrefois le chêne était un bois majeur et irremplaçable pour la construction navale, mais aussi pour les charpentes monumentales (églises, châteaux, cathédrales), pour la construction domestique (pan de bois, maisons à colombage) avant l'utilisation massive des bois de résineux issus de la sylviculture et d'importations; les ponts en bois, les écluses, les pilotis; le charronnage (jantes, roues, moyeux); des pièces de machines, les wagons de train, le bois de mine,

L’écorce fournit du tan, source de tanins autrefois indispensable en tannerie pour le tannage du cuir

Précautions

Les glands de chêne sont très riches en tanin, toxiques en cas de consommation. Par conséquent, la préparation des glands pour un usage culinaire nécessite une préparation longue et minutieuse pour retirer les tanins.

Qu’importe la plante sauvage que l’on ramasse, il faut préalablement savoir l’identifier sans aucun doute possible. Au préalable, faites-vous montrer la plante par un connaisseur et apprenez à la reconnaître.

Les informations médicales données ici ne le sont qu’à titre indicatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical d’un professionnel, seul en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé, de poser un diagnostic et de définir une posologie . De façon générale, les effets d’une plante ne sont pas anodins. Une plante sauvage peut présenter des contre-indications selon les personnes ou avoir des interactions avec des traitements médicamenteux en cours. Par conséquent, un minimum de connaissances et un avis médical préalable sont essentiels avant tout usage d’une plante sauvage.

Un avis médical préalable est également indispensable pour les femmes enceintes, allaitantes et les enfants.

Consommer des plantes sauvages crues expose à un risque de parasitose, par exemple l’échinococcose alvéolaire. La cuisson complète uniquement élimine le danger parasitaire.

Le cueilleur responsable ne collecte que ce dont il a besoin pour sa consommation, en respectant la nature et le droit de propriété.

Enfin, l’environnement de cueillette est important. On évitera les endroits pollués.

 

Sources : http://www.wikiphyto.org/wiki/Ch%C3%AAne_rouvre

Chronique réalisée par Gilles, ethnobotaniste et mycologue

 

 

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| mercredi 23 octobre 2019 à 12:00

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