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Chronique végétale : Sur les bords de la Sarre

Chronique végétale : Sur les bords de la Sarre

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Partie °1 - Chronique végétale : Sur les bords de la Sarre


Elle nous semble si courante, si banale qu’on a tendance à l’oublier. La rivière Sarre est une compagne silencieuse de notre environnement et de notre histoire. Naissant dans le massif des Vosges, de la Sarre rouge et de la blanche, elle délimite sur plusieurs kilomètres la frontière entre deux pays et sait se faire rappeler lorsqu’elle est en crue, avant de se jeter dans la Moselle à Kontz en Allemagne. Nous allons aborder dans cette chronique une formation végétale typique des bords de rivière et qu’on  retrouve tout naturellement dans le val de Sarre, les ripisylves.

 

Que signifie ripisylve ?

Ce terme signifie littéralement forêt riveraine des cours d’eau, pour simplifier, la végétation qui borde le cours d’eau, qui est une forêt. Bien évidemment ce ne sont pas des forêts auxquels le grand public est habitué et pourtant elles sont tellement plus riches.

 

Quelle fonction pour la ripisylve ?

Elles ont plusieurs fonctions essentielles. Elles ralentissent les ondes de crues et stockent une partie des excédents qui s’étalent dans la plaine alluviale et retourneront vers la rivière les jours suivants après avoir déposé leur charge organique. C’est une aubaine pour toutes les végétations des prairies permanentes qui la borde. C’est aussi l’occasion d’observer les coquilles vides des mollusques qui se seront déposées, faire connaissance avec les corbicules et même des moules (oui, il y a des moules dans la Sarre), les dresseines.

Les systèmes racinaires des arbres près des rives consolident celles-ci et protègent celles-ci de l’érosion. Une partie des arbres finira néanmoins par être arrachée et basculée dans la rivière. Ils seront redéposés plus loin sous forme d’embâcles ou d’arbres géants échoués sur des îles ou des grèves. Ils serviront de nourriture pour toute une faune d’invertébrés décomposeurs ou d’abris ou de refuges pour les oiseaux nichant au sol ou des mammifères.

Les arbres des ripisylves prélèvent en permanence de l’eau et des sels minéraux (dont des nitrates) dans la nappe alluviale via leurs racines ; ils permettent ainsi d’améliorer la qualité de l’eau.

 

L’Amazonie en bord de Sarre

La richesse et l’originalité des ripisylves viennent ainsi de leur instabilité permanente. Elles représentent un formidable réservoir de biodiversité tant végétale qu’animale à cause de leur hétérogénéité, de leur instabilité et donc de la diversité des niches potentielles pour des espèces spécialisées. Leur rôle de corridor forestier naturel  complète ce rôle majeur.

Les ripisylves sont ainsi des forêts humides luxuriantes en végétaux (dont de nombreuses lianes ligneuses) et animaux, avec une architecture complexe, qui n’est pas sans rappeler une forêt tropicale. Pas besoin d’aller au bout du monde pour l’exotisme.

 

Un espace naturel à préserver

Nombre d’évènements récents dramatiques montrent que le maintien de telles zones de freinage des crues est fondamental pour abaisser les risques d’inondations. Il est indispensable, pour la sécurité des populations, à freiner une urbanisation irréfléchie et rendre à la rivière son territoire.

Ainsi coule une rivière libre, certes source d’instabilité permanente, mais créatrice d’une fabuleuse richesse, créatrice de paysage, la belle Sarre. C’est un écho à la célèbre citation du philosophe Nietzsche « il faut beaucoup de chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse »

 

Chronique réalisée par Gilles, éthnobotaniste et mycologue. 

 

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