Inondations : de lourdes conséquences pour les agriculteurs


par Radio Mélodie
mercredi 22 mai 2024 à 14:19

Inondations : de lourdes conséquences pour les agriculteurs

Après les importantes précipitations de ces derniers jours, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme. Il est tombé sur le territoire Moselle/Bas-Rhin plus de 100 mm en 24 h. Des quantités d’eau qui ne sont pas sans conséquence pour les récoltes, on en parle avec notre invité Philippe Boehmler - exploitant agricole à Forstfeld et membre de la FDSEA du Bas-Rhin. 

Son N°1 - Inondations : de lourdes conséquences pour les agriculteurs

Quelles sont les conséquences pour les exploitations ?

Les conséquences sont différentes, parce qu’en amont forcément, quand vous allez plus vers la Moselle, comme le territoire est en pente, ça va être plutôt des coulées, du ravinement et des coulées de boue. Donc c’est des parcelles qui sont abîmées, des cultures qui sont abîmées, mais l’eau est repartie. Et puis dans mon secteur, en l’aval de tout ça, au niveau de la Zorn, de la Moder et de la Sauer, aujourd’hui c'est des inondations où les gens sont encore sous eau. Notamment la Sauer, entre Forstfeld et Beinheim qui déborde toujours. Donc les dégâts sont assez catastrophiques que ce soit sur les cultures, les prairies, les pâturages. Nous, on a dû rentrer la moitié de nos troupeaux en urgence, tellement il y a eu d’eau qui s’est accumulée sur le territoire.

Quelles sont les conséquences pour vous ?

C’est des grosses pertes financières là tout de suite direct, parce qu’il y a notamment le troupeau qu’il fallait rentrer, qu’il fallait nourrir, qui normalement s’alimente seul lui-même sur les pâturages. C’est aussi sur le moyen terme, parce que les prairies sont souillées. L’eau qui sort n’est pas forcément de l’eau très propre, il y a des poissons dedans, qui, quand l’eau va se retirer, vont rester et être emprisonnés, qui vont mourir. Donc le fourrage qui est à faire ne sera pas du fourrage comestible pour les animaux, ce sera du fumier. Donc il faut à la fois l’enlever, faire les travaux pour ne pas avoir de fourrage et donc un stock de fourrage pour l’hiver prochain très très réduit. Pour les cultures pareil, pour les semis qui avaient été fait ou les blés en place. Les blés vont commencer à pourrir sur pied, sur place. Et puis la partie culture céréalière, maïs où les semis ont été faits, là il y a toute la culture qui est foutue. Avec une vraie question : quand est-ce que l’eau va se retirer ? Quand est-ce qu’on va pouvoir ressemer ? Est-ce qu’on va pouvoir ressemer ? Ça veut dire des chiffres d’affaires énormes de perdus pour l’année. Des pertes financières énormes avec des travaux, et je vous avoue que le moral des agriculteurs qui sont vraiment touchés n’est pas au beau fixe.

Vous dénoncez la non-gestion de l’eau sur le terrain. Ça veut dire quoi ? 

Il y a plusieurs choses à faire. La première des choses qu'il faut dire quand même, c’est que dans notre secteur, alors il y a des secteurs plus touchés, mais globalement, on a réussi à épargner la population et les villages. Alors il y a des remontées dans les caves, des gens plus ou moins touchés. Il y a eu vers Diemeringen, voilà on a tous suivi les épisodes, donc il y a quelques villages touchés fortement. Mais globalement, on a réussi et l’agriculture est OK pour dire qu’avec ces forts phénomènes climatiques, on est OK pour prendre l’eau et en subir les conséquences. Par contre, il faut que l’Etat joue son rôle et qu’il y ait une solidarité entre tout le monde. In fine nous, on est aussi des entreprises qui travaillons avec la terre. Et l’espace c’est le nôtre, OK, on l’exploite, mais il faut bien qu’on ait une resélection globale du territoire et pas que la population et l’agriculture soient deux choses différentes. On a besoin que l’Etat prenne entièrement ses responsabilités et qu’il nous soutienne et qu’on puisse reconnaître la catastrophe qui a eu lieu sur la partie agricole, production, alimentaire. On a besoin de reconnaissance, ça c’est la première chose. Après, il y a un travail de la gestion de l’eau, qui aujourd’hui, est toujours un peu compliqué entre l’amont et l’aval. Est-ce qu’il y a des choses à faire en amont, pour retenir et éviter que les quantités d’eau viennent tous en même temps vers nous dans la plaine? Il y a sans doute des choses à réfléchir un moment donné, qu’on puisse stocker l’eau et la reconduire plus tard, ou alors stocker de l’eau pour en faire des irrigations l’été. Ça, c'est un sujet d’actualité. Et puis après il est extrêmement important pour nous que l’eau reparte le plus vite possible. Ça c’est le sujet chez nous aujourd’hui, sur tout le secteur, la Zorn, la Moder, la Sauer, en frein de vallée. Sur la Sauer : Leutenheim, Forstfeld, Beinheim, Seltz. Sur la Moder : Herbitzheim, Bischwiller jusqu’à Neuhaeusel, où l’eau ne se retire pas assez vite. Alors que le Rhin est bas, on s’étonne que l’eau ne puisse pas partir, donc il y a surement eu des problèmes à un moment donné d’entretiens des cours d’eau, des fossés qui n’ont pas été entretenus pour que l’eau puisse repartir aussi. Ça c’est un vrai sujet, une parcelle qui est inondée un jour, ce n’est pas un problème. Par contre, si elle le reste 3 jours, c’est mort. Et nous aujourd’hui on a toujours de l’eau sur les parcelles alors qu’il n’y a pas d’explications, l’eau devrait être repartie, le Rhin est bas. Le Rhin est capable d’accueillir. Il y a ce sujet d’entretien qu’il faut vraiment qu’on prenne à bras le corps. Après la gestion des orages, aujourd’hui l’Etat s’est désengagé, et au niveau de la gestion, se désengage de plus en plus partout. Au niveau de la gestion des cours d’eau, des ouvrages, etc. On doit le reprendre nous en local avec la FDSEA. Les gens ne sont pas forcément formés. Il n’y a pas de cellules de crise en place. Il y a eu quelques ouvrages où il y a eu de la défaillance. Des ouvrages où on est intervenus 24 h trop tard, etc. Donc voilà tout ça explique qu’il faut prendre les choses en main.


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