Le syndicat Alliance Police appelle à la mobilisation citoyenne ce samedi 31 janvier


par Camille Bazin
lundi 26 janvier 2026 à 09:55

Le syndicat Alliance Police appelle à la mobilisation citoyenne ce samedi 31 janvier
Photo : ShutterStock

Ce samedi 31 janvier, un peu partout en France et notamment à Strasbourg et à Metz, le syndicat Alliance Police organise des marches citoyennes pour dénoncer une insécurité grandissante et des moyens insuffisants au sein des commissariats. On en parlait ce matin dans le Grand Réveil avec notre invité.

Son N°1 - Le syndicat Alliance Police appelle à la mobilisation citoyenne ce samedi 31 janvier

David Ghisleri - secrétaire départemental du syndicat Alliance Police 57

Qu'est-ce qui a déclenché au sein de votre syndicat cette mobilisation ? 

C'est un climat général. Aujourd'hui, il faut être conscient des choses. Je pense que la France, elle s'enfonce dans une crise sécuritaire majeure. Elle est notamment nourrie par un renoncement politique répété. Et donc, face à ce déni de prise de conscience, nous, on a décidé de marquer un coup d'arrêt et de dire stop. On ne se laissera pas prendre en otage par des opinions politiques divergentes. Il faut absolument que l'État remette au centre de l'échiquier les problèmes de sécurité et nous donne enfin les moyens de pouvoir lutter à armes égales avec les délinquants.

Vous parlez donc de cette insécurité grandissante, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous constatez quoi ? Est-ce que c'est les chiffres qui le prouvent ? Est-ce que c'est votre quotidien en tant que policier ? Sur quoi vous vous basez pour dire ça ?

Ce sont non seulement des chiffres, mais je crois que le climat général, on est tous d'accord pour dire qu'aujourd'hui, la sécurité et l'insécurité, d'ailleurs, est croissante dans notre pays. Une femme ne peut pas se promener tranquillement dans la rue le soir. On a des incivilités, notamment à Metz, permanentes, des vols à l'arraché en centre-ville, en tout genre, dans les magasins. Aujourd'hui, on ne vit plus tranquille, les commerçants ne vivent plus tranquille. Et ça, ça devient extrêmement compliqué pour nos concitoyens.
Et donc, nous, à un moment donné, on demande aussi à ce que l'État prenne ses responsabilités, nous donne notamment les moyens juridiques de lutter à armes égales, parce que, comme vous le savez sans doute très bien, on arrête dix fois, vingt fois la même personne, et force est constatée qu'ils sont toujours dehors.

On parle d'un mouvement national, et évidemment, la Moselle n'échappe pas aux problématiques de la France. Est-ce qu'il y a des particularités sur notre territoire ?

Absolument, il y a des particularités liées à la géographie, avec les zones transfrontalières, qui sont un passage évident pour tous les trafics, et notamment les trafics de stupéfiants. La proximité des frontières fait qu'il est assez facile de venir s'approvisionner à l'étranger, de ramener des matières stupéfiantes en France. Donc, on est gangréné par un réseau de trafics de stupes très dense, et aujourd'hui, on a vraiment des moyens limités pour tenter de l'endiguer.

En janvier 2019, la police de sécurité du quotidien s'est implantée à Forbach. Neuf renforts étaient arrivés. Où en sommes nous six ans après ?

C'est une brigade qui existe toujours, qui fait ce qu'elle peut avec les moyens qu'elle a. Elle a perdu en effectif, parce qu'on n'a pas réussi à fidéliser les gens qui étaient arrivés sur place, et on ne l'a pas renforcée par des moyens supplémentaires. C'est une brigade qui a une grosse activité, parce que sur le secteur de Forbach, avec la zone frontalière de l'Allemagne, il y a beaucoup à faire. Mais malheureusement, elle n'est insuffisamment dotée aujourd'hui.

Pouvez-vous nous rappeler ses missions ?

C'est des brigades qui ont pour vocation d'aller au cœur des quartiers difficiles et tenter de mettre fin à tous les trafics. Aujourd'hui, le problème, c'est qu'elles se retrouvent à la fois à faire de la police secours pour pallier aussi le manque d'effectifs. Elles peuvent faire également des présentations de personnes au tribunal pour, encore une fois, pallier le manque d'effectifs. Donc, les missions premières de ce genre d'unités sont mises à mal, pour venir aussi renforcer d'autres missions sur lesquelles il manque également du monde.

Citoyens, élus, associations de victimes sont invités à participer à cette mobilisation du 31 janvier. Pourquoi est-ce que vous incluez à tout le monde ?

C'est pour faire prendre conscience au plus grand nombre qu'aujourd'hui, on en a marre des promesses. Il faut absolument que l'État prenne conscience des difficultés qui sont les leurs et qui sont les nôtres. Il n'y a qu'une prise de conscience au niveau des élus, au niveau des citoyens, qui permettra de faire bouger les choses. Aujourd'hui, nous, Alliance Police Nationale, on dit clairement stop à l'insécurité et à l'impunité, on a vraiment le sentiment qu'on est abandonné. On devait recevoir un plan d'investigation de l'État pour enfin tenter d'endiguer les trois millions de procédures qui sont en attente. Ça fait plus d'un an qu'on attend et on ne voit toujours rien venir. Les procédures s'accumulent et rien ne bouge. Mais derrière ces procédures, il y a des victimes et c'est ces victimes en bout de chaîne qui pallient ces carences de l'État.

Donc aujourd'hui, ce que vous demandez pour résumer c'est plus d'effectifs et plus de moyens ?

Plus de moyens, des moyens juridiques aussi notamment, parce que nous les policiers, on est vraiment exposés à l'insécurité, à la violence et on a le sentiment de ne pas être protégé suffisamment par notre employeur. Et puis enfin, qu'on ait des réponses claires. Aujourd'hui, notre interlocuteur, au travers du ministre de l'Intérieur, c'est lettre morte pour le moment. On entend toujours plein de promesses qu'on ne voit pas venir.


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