286 postes supprimés dans l’éducation nationale en Lorraine : la FSU annonce des actions et des grèves
Des centaines de postes vont être supprimés dans l'éducation nationale en Lorraine à la rentrée 2026. La baisse démographique n'est pas un argument suffisant selon la FSU (Fédération Syndicale Unitaire) Lorraine. On en parlait avec notre invitée ce matin dans le Grand Réveil.
Son N°1 - 286 postes supprimés dans l’éducation nationale en Lorraine : la FSU annonce des actions et des grèves
Agnès Bragard, co-secrétaire de la FSU Moselle et professeure d'Histoire-Géographie en lycée à Metz
On annonce 279 postes supprimés. Comment est-ce que vous avez pris cette nouvelle ? Est-ce que ça a été un choc pour la profession et les syndicats ?
Oui, c'est extrêmement choquant, on est complètement abasourdis parce que rien ne justifie ces suppressions. Surtout que ce n'est finalement pas 279, au total c'est 286, c'est encore plus. Parce qu'on inclut les postes de personnel administratif et technique.
Donc justement, c'est quoi la répartition de ces postes supprimés ?
160 postes d'enseignants dans le premier degré, 114 dans les collèges et les lycées et 12 postes de personnel administratif et technique.
Et vous dites que ce n'est pas justifié, mais justement le gouvernement qui a annoncé ces suppressions de postes au niveau national se justifie en invoquant la baisse démographique. Ce n'est pas un argument selon vous ?
Non, ce n'est pas un argument puisque depuis 2018, alors qu'il n'y avait pas de baisse démographique depuis 2018, on a au total plus de 1200 postes qui ont disparu dans l'académie. Donc là, on nous en rajoute encore. Alors depuis 2018, on nous parlait de rationalisation des besoins, de rationalisation de la carte scolaire. On a fait des regroupements, des regroupements d'écoles, on a fait des fermetures d'options, des fermetures de BTS. Et là, on continue encore avec 286 postes en moins. Donc, on ne sait pas comment on va faire. C'est une réalité qui est vécue dans les établissements. Combien y a-t-il à l'heure actuelle de professeurs qui ne sont pas remplacés ? Dans notre académie, on a des personnels non remplacés en lettres modernes, en arts plastiques, en musique, en mathématiques, dans toutes les matières. Et là, on nous dit qu'on aura 286 postes en moins. Donc, l'année prochaine, on ne sait pas comment on va faire la rentrée scolaire. Ce n'est pas possible d'avoir un enseignant devant chaque classe l'année prochaine.
La répartition détaillée de ces suppressions devait être annoncée hier lors d'un conseil social d'administration académique. Ça a été le cas ? Vous y étiez ?
Non, ça n'a pas pu se tenir. Ça a été boycotté parce que le rectorat ne nous a pas communiqué les documents. Le rectorat nous a dit que les documents seraient remis en réunion. Dans ce cas, on ne peut pas travailler, préparer, analyser instantanément la répartition sur les quatre départements lorrains. Donc, ce n'est pas possible de travailler dans ces conditions. Non seulement on pratique une saignée, mais en plus on nous demande d'improviser en séance le travail syndical qu'on doit faire sans aucune préparation.
Donc aujourd'hui, ça va être quoi la suite pour vous, à la FSU Lorraine, les syndicats ? Que comptez-vous faire ?
Alors, nous comptons déjà agir dans les instances. Le rectorat a reconvoqué le CSA vendredi après-midi. Donc là, nous allons voir quelles vont être les conditions de travail. Ensuite, nous allons appeler à des actions, à des manifestations, à des grèves, partout où ce sera nécessaire pour maintenir les moyens de travailler correctement dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées et dans les classes post-bac de l'académie.


