Les lycéens de Phalsbourg découvrent l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau
Cette semaine, on vous fait découvrir la visite du camp d’Auschwitz avec 13 élèves de terminale et 19 élèves de première du lycée Erckmann Chatrian de Phalsbourg qui ont fait le déplacement en Pologne. Un événement organisé par la région Grand Est les 11 et 12 février, avec plus de 600 élèves, auquel nous avons pris part avec notre guide Kévin Magnin.
Son N°1 - Les lycéens de Phalsbourg découvrent l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau
À quelques kilomètres de l’arrivée, une vague de calme envahit le bus qui nous transporte vers ce lieu historique. Les lycéens prennent conscience du poids de la destination. La visite débute sur la Judenrampe, devant un wagon de déportation.
C’est un quai de débarquement, où on débarquait plusieurs centaines de milliers de personnes, dans des wagons comme ceux-ci. En fonction des convois, il y avait 80 personnes, voire plus, par wagon, dans des conditions d’hygiène inexistantes. Pour les juifs déportés de France qui viennent à Auschwitz, ils partent en grande majorité du camp de Drancy. Ce camp est à environ trois jours et trois nuits de voyage pour arriver ici, à la Judenrampe. Les juifs de Grèce, eux, mettent plus de 10 jours dans ces wagons, pour arriver ici.
C’est à cet endroit que s’opérait le processus de sélection.
Cette sélection qui relève d’un besoin, plus ou moins important, de main d’œuvre à un moment donné pour l’Allemagne Nazie, va les pousser à sélectionner certaines personnes juives qui ne seront pas directement assassinées, mais qui vont rentrer dans l’univers concentrationnaire où la force du travail va être utilisée et épuisée jusqu’à la dernière goutte.

Lors de ce processus de sélection, près de 80% des voyageurs étaient assassinés dès leur arrivée. À pied et dans un lourd silence, nous avons ensuite pris la direction du camp de concentration et d’extermination.
On va prendre ce chemin, qui est le chemin qui était emprunté par les déportés qui étaient considérés comme aptes au travail, et marchaient jusqu’à l’intérieur du camp qui est Auschwitz II Birkenau. Il est le plus grand camp de concentration et le plus grand centre de mise à mort d’Europe.
Nous entrons sur ce site de 175 hectares par le tristement célèbre portail du camp avec sa tour surplombant les rails. Un sentiment étrange frappe Lilou.
On ressent tout ce que les millions de personnes qui sont mortes ici, ont ressenti, ainsi que la panique, parce que ces endroits font peur.




Des conditions de vie déshumanisantes
Quelques mètres plus loin, en passant les barbelés chargés d’histoire et de rouille, nous découvrons la zone de quarantaine avec les baraquements d’habitation en bois.
Ici, à Birkenau, il pouvait y avoir jusqu’à 500 personnes, en moyenne, dans une baraque comme ça. Sur chaque niveau que vous voyez, sur un lit, il y avait trois ou quatre personnes par niveau, et sans compter les personnes au sol, qui trouvaient une place là où elles pouvaient.




Cette visite, forte en émotion, ne manque pas de bouleverser les lycéens comme Jean.
Je suis ému parce qu’on se dit qu’ici ont péri des millions de personnes et il y a aussi une forme de colère, de se dire comment ça a pu être possible d’interner des personnes, ici, de planifier ça. C’est assez spécial d’être ici.
Toute la visite, qui se poursuit ensuite sur les centres de mise à mort, se fait dans un silence, synonyme de choc et de respect envers les déportés ayant perdu la vie dans ce camp de concentration.


