"C’est choquant" : les milliers d’effets personnels des déportés d’Auschwitz marquent les lycéens
On termine cette saga d’Auschwitz avec certainement les faits les plus marquants de la visite qu’ont pu faire les premières et terminales du lycée Erckmann Chatrian de Phalsbourg. Nous sommes toujours dans le premier camp où les lycéens ont pu voir concrètement les preuves de l’Holocauste.
Son N°1 - "C’est choquant" : les milliers d’effets personnels des déportés d’Auschwitz marquent les lycéens
Dans le Bloc 5, le choc s’empare instantanément des lycéens qui prennent conscience des crimes nazis, avec les monticules d’effets personnels exposés et détaillés par notre guide Kévin Magnin.
Chaque paire de lunettes, c’est un parcours, c’est une histoire.
Les preuves des crimes commis
Divers autres milliers d’objets détenus par les déportés sont aussi exposés.
Ce qu’on voit, ce sont des casseroles, des nécessaires de cuisine. Encore une fois, ce sont des objets de la vie quotidienne.
Des milliers de prothèses, de chaussures, et de bagages sont entassés dans de grandes salles. Des expositions qui choquent Arthur et Marie.
-On voit toujours ces chiffres témoignant des décès, ici, mais en voyant chaque objet, on se rend compte des vies qui y étaient associées et que ce ne sont pas juste des chiffres, c’était des humains qui avaient une vie.
-C’est difficile de se rendre compte que ça a vraiment appartenu a des gens et qu’aujourd’hui, ces gens ne sont plus là.


L’une des salles les plus marquantes reste celle ou d’innombrables cheveux de déportés sont entassés.
Les vestiges, mais qu’on pourrait qualifier de restes humains, avec des cheveux qui sont exposés, ici, et qui ont été récupérés sur les cadavres de femmes qui ont pu être gazées. Ce sont tous ces objets qui rendent la chose beaucoup plus palpable, par moment. Je pense que c’est la chose qui frappe le plus et qui reste le plus en tête.
Le dernier crématorium du site
La visite s’est ensuite poursuivie vers un endroit encore plus secouant.
Ce matin, on a vu les crématoriums 2, 3, 4 et 5, en plus de la maison provisoire, parce que le crématorium 1 est ici, à Auschwitz I. C’est le bâtiment qui est juste en face, avec la cheminée que vous voyez.
C’est le dernier crématorium encore intact sur l’entièreté du site. Horrifiée par la visite de ce lieu, Sophie témoigne.
C’est choquant. Ils ont construit ça exprès pour tuer des humains et pour les brûler, ça m’a vraiment choqué.


Ces preuves physiques permettent d’illustrer concrètement l’Holocauste aux élèves de Christian Pennec, professeur d’histoire-géographie au lycée Erckmann Chatrian de Phalsbourg.
Ça incarne la Shoah qu’on a peut-être tendance à traiter à coups de statistiques. Là, ça a donné une forme cohérente dans l’espace, dans le temps et dans l’humanité.
Devoir de mémoire
Pour les lycéens comme Lilian il est important de se rendre sur ce site afin de ne pas oublier.
Pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Pour que le monde sache ce qu’il s’est passé ici, les horreurs qui se sont passées et éviter que ça se reproduise plus tard.
Au terme de cette visite, les lycéens devront réaliser un travail, détaillé par Christian Pennec.
Ils vont réaliser un film sur leur regard, comment ils voient la Shoah, à travers leur parcours d’élève et dans leur époque.
Marqué à jamais par cette visite, le retour dans nos foyers s’est fait dans un silence presque absolu. Au total, 1.1 million de personnes ont été tuées à Auschwitz.
600 lycéens du Grand Est à Auschwitz
Au total, 600 lycéens issus de 23 établissements de la région ont passé une journée en Pologne les 11 et 12 février derniers. L’objectif est de mener un travail sur toute l’histoire des camps nazis qui sera restitué lors d’un grand événement le 7 avril à Metz. Parmi les élèves présents sur place, des lycéens de Phalsbourg, Sarrebourg et Saint-Avold. Depuis 2007, c’est près de 4000 lycéens du territoire qui ont pu bénéficier de ce voyage scolaire à travers l'horreur de l'histoire.


