Le CIDFF plaide pour l’installation d’une Maison des Femmes pour faciliter l’accueil des femmes victimes de violences
Le CIDFF, Centre d'information sur les droits des femmes et des familles de Moselle-Est, a pour projet d'ouvrir une Maison des Femmes à Forbach. À quelques jours de la journée internationale des luttes des droits des femmes, le 8 mars, on en parlait dans le Grand Réveil ce matin avec notre invité.
Son N°1 - Le CIDFF plaide pour l’installation d’une Maison des Femmes pour faciliter l’accueil des femmes victimes de violences
Gaetan Vecchio - président du CIDFF à Forbach
Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est une Maison des Femmes ?
Une Maison des femmes, c'est un lieu unique, un guichet unique, où l'on pourra accompagner les femmes qui ont subi des violences. C'est-à-dire à la fois sur un parcours de soins, un parcours de l'accompagnement social, et le parcours juridique où l'on donne l'accès aux droits, le dépôt de plainte, tout dans un lieu unique.
Et vous plaidez pour une installation à Forbach. Pourquoi Forbach ?
Parce que Forbach a tout déjà pour réussir la mise en place d'une Maison des Femmes sur son territoire. De par la Maison de la Parentalité qui devrait voir le jour, qui va être mise en place par l'agglomération de Forbach. Ensuite nous avons l'hôpital CHIC Unisanté+ Marie-Madeleine, qui a donc l'unique pédiatrie, maternité et le pôle mère-enfant. Nous avons également un autre partenaire intéressant, qui est le foyer espoir du CMSEA, qui accueille des personnes, des femmes qui ont subi des violences, un hébergement d'urgence. Le CIDFF, qui a ses locaux et son siège social à Forbach, et la maison de la justice. En fait, on peut dire qu'on a tous les éléments pour créer un partenariat efficient sur le territoire, pour l'ensemble de la Moselle-Est.
Et donc l'idée, ça serait que cette Maison des Femmes facilite le parcours au sein de ces différentes structures pour les femmes qui en ont besoin ?
Tout à fait. La Maison des Femmes est forcément adossée à un service d'urgence d'un hôpital. Marie-Madeleine étant choisie, nous avons la possibilité de créer tout un partenariat, un parcours pour accueillir cette femme-là. Une femme qui aurait subi des violences et qui arriverait tardivement dans la nuit, pourrait, dans ce lieu unique, faire toutes les démarches, à la fois au site dépôt de plainte et éviter de passer de bureau en bureau, de structure en structure, de perdre du temps, mais surtout de déclencher avec la dame, la personne qui a subi les violences, le parcours qui permettra effectivement de réussir à se reconstruire.
Aujourd'hui, où en êtes-vous dans ce projet ?
On a lancé le projet en 2024. On a rencontré le maire de Forbach, qui est aussi le président de Marie-Madeleine, et on a proposé le projet à Marie-Madeleine, qui avait donc déposé un avis favorable pour ouvrir des discussions et un débat. On a rencontré l'agglomération de Forbach, qui a la compétence santé sur le territoire, et effectivement, là aussi, ils sont prêts à y aller. L'ARS a été informée, et nous avons, lors du dernier conseil d'administration de l'hôpital, validé le principe de réflexion sur le territoire. Maintenant, on laisse passer la période des élections municipales pour pouvoir se retrouver avec les personnes en place et relancer le projet, sachant qu'on devrait avoir aussi une Maison des Femmes du côté de Metz-Thionville.
Aujourd'hui, au CIDFF, vous accompagnez déjà des femmes victimes de violences, des familles. Quelle est la situation aujourd'hui ? J'imagine que si vous avez voulu ce projet, c'est que beaucoup de femmes sont concernées en Moselle-Est ?
Oui, en fait, c'est exponentiel. Nous avons à peu près 4000 personnes dans nos permanences. On a donc nos juristes qui sont débordés dans cette question-là. On voit bien que le simple accès aux droits ne suffit pas. Il faut un vrai accompagnement social. Il faut passer à l'étape suivante qui permet de consolider le parcours de reconstruction des personnes qui ont subi des violences.
Et ça, c'est quelque chose qui prend trop de temps aujourd'hui ?
Qui prend du temps, mais surtout, on n'a pas cette architecture. En fait, le chaînon manquant du dispositif d'aide aux femmes qui ont subi des violences, c'est cette Maison des Femmes. Un lieu unique, un endroit unique, en toute anonymat, où ces personnes peuvent avoir la confiance du personnel qui les reçoit. Et puis, un endroit sécurisé. Parce qu'aujourd'hui, nous, on a nos permanences sur les territoires. Ce n'est pas forcément sécurisé. Une personne qui a subi des violences et qui habiterait une ville ne vient pas dans les permanences de sa ville. Elle va aller dans les permanences des villes avoisinantes.
Si vous êtes victime de violences, vous pouvez contacter le 3919


