Sarreguemines : Une centaine de personnes réunies pour Lyhanna et pour une justice qui agit
Après le drame, l’heure est au recueillement ce lundi 8 juin. 200 rassemblements en hommage à Lyhanna ont eu lieu partout en France. À Sarreguemines, une centaine de citoyens se sont regroupés devant le tribunal pour rendre hommage à la collégienne et dénoncer les dysfonctionnements de la justice.
Son N°1 - Une centaine de personnes réunies pour Lyhanna et pour une justice qui agit
Sur les marches du tribunal judiciaire de Sarreguemines, des messages appellent à la protection des enfants et à la justice. Au micro, Sophie, assistante sociale scolaire depuis 17 ans et maman d’une petite fille de 7 ans ; c’est elle qui est à l’origine du rassemblement.
C’est un combat que je mène dans mon métier et au quotidien.
Elle est émue face à la centaine de personnes venue ce soir pour rendre hommage à Lyhanna.
J’ai l’impression qu’on se rassemble. On ne pleure plus seul de détresse de notre côté parce qu’on n’a pas de moyens, parce qu’on se sent démuni et, là, de voir cet élan de rassemblement pour Lyhanna, pour nos enfants, ça me touche énormément.





« On ne nous prend pas au sérieux »
En haut des marches, Julia 43 ans, est venue de Freyming-Merlebach.
Pour dénoncer franchement que la justice ne protège pas.
Ça fait 20 ans qu’elle dénonce des violences devant les tribunaux. À ses côtés, ses enfants Katleen, 17 ans, et Jordan, 23 ans, n’ont pas peur de mettre des mots.
-On ne nous prend pas au sérieux. Ils sont là, ils nous écoutent. Écouter, c’est un grand mot. Ils sont là et ils ne font rien. Comme ma mère, on a aussi subi des violences de mon père et j’ai l’impression que la justice n’ouvre pas les yeux sur tout ce qu’il se passe. - Katleen
-Je pense à toutes les victimes qui ont été frappées par leurs parents ou agressées sexuellement. Moi, je l’ai été par mon père biologique. Je me dis qu’il faut que la justice fasse quelque chose et qu’elle ne reste pas les yeux fermés face à tout ça. Aujourd’hui, on arrive à faire des manifestations pour pouvoir en parler, mais la justice ne veut jamais entendre, et il faut qu’on en vienne à des enfants qui meurent tragiquement parce que la justice est trop lente et qu'elle ne fait rien pour arranger les choses. - Jordan

Devant ce tribunal ce soir, chacun témoigne de ce qu’il a vécu ou de ce qu’il a vu. 30 ans après, Alicia n’oublie pas.
Quand j’étais jeune, ma meilleure amie a subi des violences sexuelles. Elle avait dormi chez une copine et c’est le père qui avait fait les violences sexuelles en donnant des médicaments pour qu’elle soit un peu endormie. C’était sur Puttelange-aux-Lacs, il y a 30 ans. Il avait été entendu, il avait été jugé, mais il n’a pas eu énormément d’années de prison, environ deux ans, et il est ressorti.
Aujourd’hui, tous plaident pour une justice qui écoute et une justice qui agit.



