L’intersyndicale en grève à la maison d’arrêt de Sarreguemines : Avec 125 détenus pour 68 places, « on sature »
Un mouvement de grève a eu lieu ce lundi 22 juin à la maison d’arrêt de Sarreguemines pour dénoncer une surpopulation ingérable. Les agents pénitentiaires n’ont pas hésité à se mobiliser devant l’établissement, malgré la canicule. Fait rare, les 3 syndicats se sont réunis pour cette grève. Preuve d’un ras-le-bol général au sein de la prison.
Son N°1 - L’intersyndicale en grève à la maison d’arrêt de Sarreguemines : Avec 125 détenus pour 68 places, « on sature »
C’est service minimum ! Donc il y a quand même des agents qui travaillent, avec, pour le médical, une infirmière. Rien ne rentre et rien ne sort. C’est le seul moyen qu’on a pour se faire entendre et pour mettre un peu de pression. - James Canniere
Un peu de pression face à une situation devenue ingérable pour les surveillants pénitentiaires : une surpopulation qui dépasse les 200%.
-Je pense que l’ensemble des agents et, du coup, les organisations syndicales sont d’accord pour dire qu’on a atteint aujourd’hui une limite qu’on n’avait jamais atteinte. - Faouzid Kolli
-Jamais vu ça de toute ma carrière, ça fait 16 ans que je suis à Sarreguemines. Donc là il faut que la direction interrégionale Grand Est réagisse. Et vite ! - Rabah Ziouche
-On ne peut pas pousser les murs, on ne peut rien faire et au niveau des activités, que ce soit même des soins médicaux, les infirmières et les docteurs ne peuvent pas gérer deux fois plus de détenus qu’ils ne doivent gérer à la base. - James Canniere
Faouzid Kolli, pour l’UFAP Unsa Justice, Rabah Ziouche pour la CGT et James Canniere pour FO Justice sont aujourd’hui solidaires face à une situation qui impacte tout le monde : les agents comme les détenus.
-On ne travaille plus de la même façon puisqu’on n’arrive pas à répondre à toutes leurs sollicitations. - Rabah Ziouche
-On ne peut plus, on sature. On sature… Tout le monde sature en fait. Et c’est pour ça qu’on fait ce mouvement-là, pour dénoncer et pour que l’Etat essaye de trouver des moyens pour essayer de solutionner la problématique de la surpopulation carcérale. - James Canniere
Une surpopulation qui crée des tensions
En cette période de canicule, les détenus se retrouvent à 2 dans des cellules de 7m². De quoi créer des tensions et mettre en danger les surveillants.
-Parfois, le fait de passer 5 minutes à discuter avec un détenu permettait aussi de lui apporter des réponses et tout ça. Aujourd’hui, on n’a pas forcément le temps vu qu’on a le double de travail. Et tout ça, ça engendre des conflits, ça engendre des difficultés, des agressions que ce soit verbales ou physiques.
En attendant des mesures fortes de l’Etat, les représentants syndicaux réclament un transfert massif de détenus vers d’autres établissements. Ils craignent que le gouvernement attende un drame dans les Maisons d'arrêt françaises pour réagir.


