Pays de Bitche : Une vingtaine de garçons et de filles dénoncent des agressions sexuelles et violences commises par deux familles d’accueil
Deux familles du pays de Bitche, ayant accueilli de nombreux enfants via l'Aide Sociale à l'Enfance de la Moselle, sont soupçonnés d'abus sexuels et de violence. Le procureur de la République de Sarreguemines, Olivier Glady, revient sur les faits ce lundi 7 septembre dans un communiqué.
Entre 2022 et le début de l’année 2026, une cinquantaine de garçons et de filles, aujourd’hui majeurs, rapportaient à plusieurs services de police et de gendarmerie avoir été victimes d’abus sexuels et de violences pendant leur placement comme mineurs auprès de deux familles d’accueil relevant de l’Aide Sociale à l’Enfance de la Moselle, entre les années 1997 et 2017. L’enquête a été confiée à la Gendarmerie Nationale et plus spécifiquement aux Brigades de recherches de Forbach et de Sarreguemines, avec le soutien de la Maison de Protection des Familles (MPF). Au terme de l’enquête préliminaire, ce sont finalement 14 filles et 12 garçons qui dénoncent des viols et agressions sexuelles, des violences, des privations de soins ou encore des comportements de corruption exercés envers eux par les deux hommes adultes des familles. Il est également reproché à l’une des épouses d’avoir eu connaissance des sévices sans les dénoncer aux autorités.
Les deux membres de chacun des couples ont été placés en garde-à-vue le 19 août 2026. Tous contestaient les infractions retenues à leur encontre. A l'issue, les deux hommes et l’épouse de l’un d’eux ont tout de même été présentés devant le Juge d’instruction du Tribunal Judiciaire de Sarreguemines.
Deux hommes et une femme mis en examen
Le premier homme, âgé aujourd’hui de 61 ans et sans antécédent judiciaire, a été mis en examen pour des infractions d’agressions sexuelles sur des mineurs de 15 ans et corruption de mineurs de moins de 15 ans entre les années 2015 à 2017. Il a été placé sous contrôle judiciaire.
Le second homme, âgé de 71 ans et également sans antécédent judiciaire a été mis en examen pour des infractions de viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins et de plus de 15 ans et de corruption de mineurs de 15 ans entre les années 2009 à 2016. Il a été placé en détention provisoire par le Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal Judiciaire. Il a ensuite été remis en liberté par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Metz le 3 septembre 2026. Son épouse, âgée aujourd’hui de 69 ans et dépourvue d’antécédent judiciaire, a, quant à elle, été mise en examen pour des infractions de non-dénonciation d’abus sexuels sur des mineurs commises au cours des années 2015 et 2016. Également placée en détention provisoire le 19 août 2026 par le Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal Judiciaire, elle a aussi été remise en liberté sous contrôle judiciaire le 3 septembre dernier.
Un certain nombre de faits dénoncés, notamment les violences, se sont avérés prescrits. L’instruction se poursuit actuellement sur commission rogatoire du Juge d’instruction.


