Deuxième journée de manifestation des lycéens de Saint-Avold : un policier blessé
Les manifestations se sont poursuivies jeudi 1er octobre au niveau des lycées de Saint-Avold. Après une première journée de mobilisation mercredi, de nombreux lycéens ont à nouveau voulu se faire entendre. Une fois de plus, des affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre.
Son N°1 - Deuxième journée de manifestation des lycéens de Saint-Avold : un policier blessé
Attention, ils vont tirer !
L’ambiance est tendue ce matin aux abords du lycée Poncelet. Une cinquantaine de jeunes sont au milieu de barrages policiers. Des tensions ont éclaté dès 8h.
Un groupe de 150 lycéens était présent. Au bout de quelques minutes la situation a dégénéré, certains d’entre eux ont commencé à lancer des projectiles. Le chef de service du commissariat de police de Saint-Avold a été touché par un tir de mortier, a été blessé et transporté par les sapeurs-pompiers à l’hôpital.
Sébastien Grandjean représente le syndicat Alliance Police Nationale 57. D’après lui, un jeune de 14 ans a été interpellé après l’explosion du mortier. Plus de 50 policiers, gendarmes et policiers municipaux sont mobilisés. Face à eux, des jeunes aux multiples revendications.
-La jeunesse emmerde Parcoursup parce que c’est vraiment un système qui est inégalitaire. Remettre entre les mains d’un robot, d’un logiciel, l’avenir de millions de jeunes, c’est complètement fou, c’est pas normal.
-Moi j’ai fait ça parce que l’année dernière il y avait pas mal de profs absents. Par exemple, en début d’année mon prof, pendant au moins 3-4 semaines n’était pas là.
-Il n’y a pas de parking pour se garer. Dans les heures de cours il n’y a que des trous toute la journée.
Les lycéens du Poncelet et du lycée Charles Jully ne se sentent pas entendus et dénoncent la non prise en considération de leur santé mentale. Pour Aydan, le Gouvernement investit dans des pochettes pour interdire les téléphones au lycée alors que de nombreux jeunes se suicident chaque année. L’argent n’est pas dépensé là où il faudrait selon lui. Autre revendication assumée de la jeunesse : la lutte contre le Rassemblement national et montrer qu’ils ne sont pas d’accord avec le parti aux manettes à Saint-Avold.

Affrontements avec les forces de l'ordre et dégâts dans la ville
Yoni, lui, est présent aujourd’hui pour dénoncer la « réponse policière démesurée » de la veille.
Hier, les CRS ont commencé direct à envoyer des lacrymos pour aucune raison. C’était pacifiste. En fait, c’était tendu parce que les CRS ont commencé, mais s’ils n’avaient pas tiré aux flash-balls ou des conneries comme ça, ça se serait bien passé.
Ce matin encore, des arrêts de bus ont été cassés, des poubelles incendiées, du mobilier public déplacé. Une violence nécessaire pour certains – pour se faire entendre. Intolérable pour d’autres qui suivent le cortège malgré tout.
-Ils cassent des trucs partout dans la ville, ils détruisent, le font exprès. C’est n’importe quoi, c’est pas ça une manif !
-C’est pas comme ça qu’on va se faire entendre surtout. Parce que casser, ça sert à rien, c’est juste de l’argent perdu. Juste bloquer des lycées, être devant et éviter que ça rentre, c’est bon.
Avant cette nouvelle journée d’action, les établissements avaient envoyé des e-mails aux parents pour leur dire qu’ils pouvaient laisser leurs enfants à la maison. Certains se sont tout de même rendus en classe. D’autres ont préféré manifester. Du côté des forces de l’ordre, la mobilisation des agents est entière malgré la fatigue dans les rangs. Policiers et gendarmes sont déjà éprouvés par le dispositif de sécurité pour la venue du pape lundi. Ils se retrouvent aujourd’hui à gérer les violences dans les lycées. Pour combien de jours encore ? Le mouvement des lycéens n’est pas terminé et devrait toucher d’autres villes de Moselle-Est. Des mobilisations sont annoncées ce vendredi à Forbach, en début de semaine prochaine à Sarreguemines.

Elus et syndicats réagissent au mouvement
Sur ses réseaux sociaux, le maire de la ville, Hervé Simon indique une facture provisoire de 50 000€ et menace directement les manifestants de sanctions. "La Ville suspendra les aides municipales accordées aux familles de mineurs reconnus responsables de dégradations" écrit-il notamment.
De son côté, Christian Porta, syndicaliste CGT et candidat en mars dernier pour devenir maire de Saint-Avold, donne un autre son de cloche.
Franck Leroy, président de la Région Grand-Est, en charge des lycées a aussi tenu à réagir.
La situation devant plusieurs lycées du Grand Est est intolérable. Les revendications peuvent s’exprimer. Mais rien ne peut justifier les violences, les menaces, les dégradations ou la mise en danger des élèves et des personnels. Nos établissements scolaires ne sont pas des terrains d’affrontement. Face à cette situation, j’ai saisi ce matin le garde des Sceaux. Je lui demande que la Chancellerie adresse aux parquets un message clair de fermeté : les faits commis ne peuvent rester sans réponse.
On ne peut pas appeler à la confrontation, s’en prendre à nos établissements scolaires et croire qu’il n’y aura aucune conséquence. Tout mon soutien aux personnels de l’Éducation nationale et de la Région, ainsi qu’aux forces de l’ordre et de secours mobilisées sur le terrain. Face aux violences et aux dégradations, il ne peut y avoir ni banalisation, ni impunité. Nos lycées doivent rester des lieux d’apprentissage, pas devenir des lieux d’affrontement.
Enfin, l'académie Nancy-Metz a publié un communiqué pour dresser un bilan de la journée. Au moins 19 établissements ont été concernés par des blocages ou tentatives de blocage ce jeudi en Lorraine. 8 personnes ont été signalées blessées. L’académie rappelle que les revendications doivent s’exprimer dans le dialogue, tout en faisant de la sécurité des élèves et des personnels une priorité.


