Octobre rose : "L’environnement peut avoir un impact assez conséquent sur le cancer du sein"
Octobre rose, c’est le mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. A cette occasion, une conférence a lieu mercredi soir à Sarreguemines.
Son N°1 - Octobre rose : "L’environnement peut avoir un impact assez conséquent sur le cancer du sein"
Professeur Carole Mathelin, cheffe du service chirurgie de l’Institut Strauss de Strasbourg.
Vous animez cette conférence sur le thème des effets de l’environnement sur le cancer du sein. Le monde qui nous entoure et nos modes de vies peuvent être responsables de ces cancers ?
Effectivement, le cancer du sein est multifactoriel, c’est-à-dire qu’il a beaucoup d’origines. Un certain nombre de facteurs de risques sont évitables et on en parlera pendant la conférence, comme l’obésité par exemple ou la consommation d’alcool, le tabac, la sédentarité. Les gens ignorent assez souvent que l’environnement qui nous entoure peut avoir un impact assez conséquent sur le cancer du sein.
Dans une étude, vous avez mis en évidence un lien entre cancer du sein et exposition aux pesticides, aux métaux et aux PFAS. Comment êtes-vous arrivés à ces conclusions ?
Ce qu’on a proposé à nos patientes, puisque toutes ont été opérées, c’est que pendant l’intervention on prélève une petite quantité de tumeur et on analyse plus de 500 pesticides, 30 métaux et 22 PFAS pour en connaître l’impact sur la progression tumorale.
Ce sont des éléments qu’on a tous dans notre environnement aujourd’hui ?
Tout à fait, mais tous ne nous paraissent pas toxiques. Il faut démêler un peu dans ces produits, ceux qu’il faut éviter et ceux qui nous semblent ne pas avoir d’impact. Parmi les pesticides, sur les plus de 500 dosés il y en a une quarantaine qui nous préoccupent. En revanche, tous les PFAS nous préoccupent. Et, parmi les métaux, on en dose 30 et il y en a 5 à 6 qui nous préoccupent réellement, comme en particulier le cadmium.
En tant que médecin et chercheuse, quels sont les conseils que vous donnez aux femmes dans la vie quotidienne pour diminuer les risques ?
Eviter l’obésité, faire du sport c’est très important, éviter la sédentarité, éviter de consommer beaucoup d’alcool, éviter surtout le tabac. Et puis, il faut avoir un mode de vie assez sain. Achetez plutôt du circuit-court si vous pouvez, évitez d’acheter des produits avec beaucoup de pesticides. Si vous pouvez, essayez de manger bio. Parce qu’on sait que les femmes qui mangent bio ont 25% de risque en moins de faire un cancer du sein. On passera en revu pendant la conférence un certain nombre de produits qui nous paraissent dangereux et comment essayer de les éviter au quotidien.
Vous auriez un exemple de produit à éviter ?
Il y a un produit qui nous embête c’est un acaricide pour les oreillers et les couettes. Si vous n’êtes pas allergique à la poussière, achetez plutôt un oreiller naturel sans acaricide parce que sinon vous allez le respirer toute la nuit quand vous dormez. Ce sont des produits qui se concentrent dans la glande mammaire et qui font proliférer les cellules.
Vous établissez également 3 périodes de la vie des femmes où elles sont plus vulnérables aux perturbateurs endocriniens. Quelles sont-elles ?
Une des grandes périodes, c’est la grossesse. Il faut vraiment que les femmes évitent le contact avec les pesticides, les métaux, les PFAS, dans la mesure du possible. Une chose intéressante c’est le panier bio, qu’elles mangent bio pendant toute la recette. Autre moment de sensibilité, c’est le moment où le sein se transforme à la ménopause. C’est une période de sensibilité, de risque pour la glande mammaire. Puis la 3ème période c’est la croissance du sein au moment de l’adolescence.
Octobre rose, c’est un mois pour faire la promotion du dépistage du cancer du sein. Pourquoi le dépistage est tellement important ?
Il y a plusieurs points. D’abord quand on dépiste un cancer on le trouve beaucoup plus petit que si on avait attendu qu’il devienne clinique. Lorsque le cancer est petit, la chirurgie est moins mutilante, les traitements sont moins lourds, la qualité de vie est meilleure. Et puis, l’institut national du cancer a démontré une réduction de 40% de la mortalité chez les femmes qui commencent le dépistage à 50 ans. C’est considérable.
Pour en savoir plus sur le sujet, une conférence est organisée gratuitement mercredi 14 octobre au casino des faïenceries à Sarreguemines avec le professeur Mathelin. Rdv de 18h30 à 20h30.


