Dans les coulisses de la magie avec Alphonse

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Dans les coulisses de la magie avec Alphonse

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Épisode du jeudi 10 septembre 2026 à 11:20

Pour moi, tu fais l'un des plus beaux métiers du monde. Tu fais rêver les gens, Alphonse, et je suis super contente d'être avec toi.

Ça me fait très plaisir, je suis un marchand de rêves.

C'est vrai. Ça te fait quoi de donner tant d'amour, tant de rêves aux gens ?

Déjà, ça fait plaisir, parce que moi, j'ai beaucoup de gens après le spectacle qui viennent me voir et qui me disent, vous savez, on a des soucis, ça ne va pas bien. Pendant une heure, on a oublié. Et ça, pour moi, c'est le plus beau cadeau.

Comment tu crées tes spectacles ? Comment tu t'entraînes pour faire des spectacles de magie ?

Autrefois, c'était vraiment très, très dur. Pour monter un spectacle, il te fallait des années, des années, qu'aujourd'hui, peut-être en deux, trois mois.

Après, le talent, je veux dire, il ne s'achète pas. Quelque part, il faut que tu travailles. Sans le travail, de toute façon, tu n'y arriveras pas.

 

Comment tu arrives à aboutir d'une idée à faire le spectacle ?

Il y a plusieurs choses, c'est-à-dire qu'en magie, il n'y a pas 150 000 solutions. T'as apparition, disparition, transformation, coupé, c'est un petit peu les 5-6 trucs classiques. Après, j'ai fait apparaître une moto, j'ai fait apparaître une voiture.

Justement, tu viens sur un projet comme ça, tu arrives à te dire, OK, ça, j'arrive à le faire disparaître, ça va être comme ça. C'est comme une trame que tu as ?

Tu vois, un jour, il y a une agence de spectacle qui m'appelle et qui me dit, écoute, j'avais un magicien qui devait faire apparaître une moto. J'ai pris le projet, la scène, elle était en bois, la moto qui faisait 300 kg, ce n'était pas faisable.

J'avais décidé de faire apparaître la moto par terre à un mètre des jambes, juste avant le spectacle. Il y a l'organisateur, il vient me voir et il me dit, c'est grave pour faire apparaître la moto ? Et je regarde sans lui dire qu'il était juste debout à côté de la moto et il ne l'a pas vue. Et je dis, maintenant, oui, je suis sûr que ça va marcher ce soir. C'est ça qui est géant.

Je sais que vous faites aussi vos propres objets pour faire les spectacles. Est-ce que ça t'arrive aussi ?

Autrefois, sur les grandes illusions, j'ai commencé à fabriquer. Le problème, ça prend beaucoup, beaucoup de temps. Je fabrique mes propres tours maintenant parce que c'est plus facile. Avec ma fille, on a ouvert une petite entreprise, ça s'appelle la petite boutique 3D de Léa.

C'est quoi la qualité qu'il faut vraiment avoir pour être un bon magicien ? J'imagine qu'il faut déjà être rapide, peut-être, savoir détourner l’attention.

C'est une image de dire, il faut être rapide. Vous, vous pensez que c'est rapide parce que votre œil ne le suit pas.

Moi, je dis qu'il n'y a pas de mauvais tour de magie, il n'y a qu'e des mauvais magiciens. Après, il faut savoir capter les gens. Avec un tour de magie tout simple, tu peux faire quelque chose d'extraordinaire. C'est ça le vrai secret.

Est-ce qu'il y a un tour à capoter sur scène devant tout le monde ?

Alors nous, les magiciens, on a un avantage, par exemple, sur les jambes d'or, si tu veux. Tu sais rattraper le truc ? On sait rattraper. Il ne faut jamais oublier, quand tu commences à faire un tour de magie, la personne qui est en face de toi, il ne saura pas que tu t'es vautré quelque part. Ça peut arriver, bien sûr, ça s'est déjà arrivé. Mais après, je me suis toujours rattrapé quelque part.

On faisait un tour qui s'appelait la malle des Indes, c'est-à-dire que Sandra est rentrée dans une caisse. Moi, je me mettais debout sur la caisse, je lançais le rideau. Toi, tu étais dans la caisse et Sandra au-dessus.

Et un jour, Sandra, au moment de sortir, elle me pousse et je tombe. Je reviens, je baisse devant et là, je me dis, voilà, c'est mort, les gens les ont vus. Et là, j'ai une ovation, je ne comprends pas pourquoi.

En fin de compte, ce qui est arrivé, quand je suis tombé, le rideau est tombé avec moi et moi, je suis tombé dans les coulisses, si tu veux. C'est-à-dire que le rideau, il a masqué ma chute. Et comme je suis revenu des coulisses, les gens, ils s'en disent, mais comment il a fait ? Il était dans la caisse, maintenant, il sort des coulisses, tu vois.

Un bon magicien, il arrive toujours à se rattraper.

 

Qu'est-ce que tu penses, d'ailleurs, des magiciens qui dévoilent les tours des autres sur les réseaux sociaux ? Ça, ça passe beaucoup, ça, en ce moment.

Oui, c'est devenu une grosse mode, c'est des gens qui ont zéro talent.

Je ne vois pas l'intérêt du tout. Si on n'arrive plus à rêver, si on n'arrive plus à s'embellir avec ces belles choses-là, c'est pas la peine.

C’est quelque chose qui vous a porté préjudice, vous, dans le monde de la magie ?

Préjudice, non, moi, je trouve ça complètement idiot. Laissons rêver les gens.

 Au fil de ta carrière, j'imagine que tu as eu quand même plein de belles aventures, ça, on le sait, tu as beaucoup voyagé, mais il y a aussi peut-être eu des moments difficiles, des moments semés d'embûches. C'est quoi les plus grosses difficultés en tant que magicien, en tant qu'intermittent du spectacle ?

Quand t'es intermittent du spectacle, t'es un petit peu saltimbanque. Je n'ai pas eu de vraies galères quelque part. Peut-être que les problèmes que j'ai eu, j'ai su les résoudre tout de suite, directement.

Quand on est magicien, on arrive tout à arranger.

Tu as voyagé un petit peu partout, tu as travaillé, tu l'as dit, en Allemagne. Tu as fait le cirque de Moscou aussi, c'est le Graal. Comment t'as vécu ça d'ailleurs ?

Je ne pourrais pas avoir mieux. C'est une agence de spectacle qui m'a vu travailler et ils voulaient absolument avoir un artiste « européen ». Ce n'était pas facile au début parce que j'ai travaillé avec des artistes russes, ils ont quand même une culture qui est très, très stricte quand même. Et ça s'est super bien passé, c'était très professionnel.

 

Est-ce que la barrière de la langue a été un frein dans ta carrière ?

Alors, oui et non, si tu veux, parce que mon humour était quand même musical, si tu veux. Je ne parlais pas beaucoup à l'époque dans le spectacle. En anglais, moi, je suis nul et j'ai perdu beaucoup de contrats justement à cause de ça, parce que j'aurais pu travailler sur des bateaux de croisière américains. Je ne suis pas malheureux de ne l'avoir pas fait, je ne suis pas malheureux, je veux dire, mais c'est vrai que j'aurais peut-être pu faire encore plus, mais bon.

C'est quoi la chose la plus dingue que tu as fait dans ton métier ?

 Peut-être pas la plus dingue, mais ma plus belle histoire, c'est d'avoir travaillé au Maroc. J'ai travaillé pour la troisième fortune du Maroc.

Le truc de fou. C'est un privilège de faire ce métier, je veux dire, il faut faire ce métier parce que c'est ta passion.

https://www.alphonse-magicien.fr/

 


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