Épisode du jeudi 24 septembre 2026 à 11:10
Valentin est souffleur de verre depuis 16 ans à la cristallerie Lehrer, à Garrebourg, où il perpétue chaque jour un savoir-faire artisanal d’exception.
Depuis combien de temps exercez-vous ?
Cela fait 16 ans que je travaille ici, après 5 années d’apprentissage. J’ai donc commencé il y a 21 ans.
Quelles formations faut-il suivre ?
Il existe deux écoles en France : à Sarrebourg et à Moulins, dans l’Allier. On y prépare un CAP en deux ans, suivi d’un brevet des métiers d’art en deux ans également.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer ?
Comme beaucoup, j’ai découvert cet univers très jeune. À 7 ans, en voyant un verrier, j’ai tout de suite su que c’était ce que je voulais faire. Après le collège, je me suis orienté vers un lycée professionnel.
Quelle est la différence entre le verre classique et le cristal ?
Elle se situe dans la composition. Le verre est un mélange de sable et de chaux, tandis que pour le cristal, la chaux est remplacée par du plomb. Il en faut au moins 24 % pour obtenir l’appellation cristal.
Est-ce plus difficile à travailler ?
Non, c’est similaire. Maîtriser l’un permet de travailler l’autre.
Avez-vous une journée type ?
Oui. Nous sommes cinq verriers et travaillons généralement à quatre à l’atelier. Certains réalisent des lampes, d’autres des boules de Noël, qui représentent l’essentiel de la production.
Ce sont vos produits principaux ?
Oui, avec aussi des petits animaux. Nous fabriquons environ 3 000 à 4 000 lampes et plus de 50 000 boules de Noël chaque année.


Combien de temps faut-il pour fabriquer une lampe ?
Environ 30 minutes à chaud. Ensuite, la pièce recuit toute la nuit. Le lendemain, il reste un quart d’heure de finition.
Le travail est-il très précis ?
Oui, avec l’expérience, on adopte un rythme et on connaît parfaitement les temps nécessaires.
Avez-vous droit à l’erreur ?
Au début, oui, énormément. On apprend en se trompant. Le verre transparent permet de recommencer, contrairement à la couleur où l’erreur est moins permise.
L’expérience est donc essentielle ?
Oui. On progresse avec les années : bon après 10 ans, meilleur après 15, encore plus après 25.
Comment fonctionne la création ?
Tout est fait en interne. Je conçois souvent les nouvelles pièces, mais chacun peut proposer des idées, à condition qu’elles trouvent leur public.
Vous avez donc une certaine liberté ?
Oui, mais elle reste liée à la vente. Une pièce doit plaire pour être produite.
La créativité est-elle importante ?
Oui, elle se développe avec le temps, tout comme le savoir-faire.
Quelles sont les contraintes principales ?
La chaleur. Malgré la climatisation pour les visiteurs, nous comptons surtout sur des ventilateurs. On transpire beaucoup.
Quelles qualités faut-il avoir ?
Il faut être persévérant et ne pas craindre la chaleur. Les débuts sont difficiles, mais avec le temps, le plaisir s’installe.
Pourquoi portez-vous une protection au bras ?
Pour éviter les brûlures liées au rayonnement de la chaleur, surtout avec les grosses pièces.

Faut-il souffler fort dans la canne ?
Non. Tout dépend de la température du verre. Lorsqu’il est bien chaud, un souffle doux et maîtrisé suffit.
Les gestes sont donc délicats ?
Oui, très précis.
Quel conseil donneriez-vous à un enfant intéressé ?
Faire des stages pour découvrir la réalité. S’il est passionné, qu’il se forme rapidement : avec de la motivation, il trouvera sa place.

https://www.cristallehrer.com/

