Politique

Fin de la ristourne carburant : le député Fabien Di Filippo prône une aide pour les zones rurales


par Cédric Kempf
mercredi 16 novembre 2022 à 08:30

Fin de la ristourne carburant : le député Fabien Di Filippo prône une aide pour les zones rurales

A partir d’aujourd’hui, la ristourne du gouvernement sur le carburant diminue pour passer de 30 à 10 centimes. Un changement qui inquiète les Français qui ont d’ailleurs été très nombreux à la pompe ces derniers jours.

Son N°1 - Fin de la ristourne carburant : le député Fabien Di Filippo prône une aide pour les zones rurales

Fabien Di Filippo, député Les Républicains de la circonscription de Sarrebourg

M. le Député, comprenez-vous l’inquiétude des Français, notamment en zone rurale, comme dans votre circonscription ?  Aurait-il fallu maintenir cette ristourne ou mettre une autre aide en place ? 

Bien entendu, le prix des carburants demeure très élevé, le prix de cette ristourne l’était également pour le budget de l’Etat. On savait que ça ne durerait pas éternellement par rapport à ce que le gouvernement avait prévu. Maintenant, je pense qu’il faut être capable de faire la distinction entre les populations des territoires ruraux qui n’ont pas d’alternatives à la voiture pour aller travailler, pour s’occuper de leurs enfants, pour les emmener aux activités, pour faire leurs courses et ceux qui vivent dans des environnements métropolitains où il existe un réseau de transports en commun beaucoup plus dense et un réseau de trains beaucoup plus présent. Il aurait fallu le faire dès le départ, ça aurait été le moyen de faire perdurer cette ristourne.

La deuxième chose c’est les taxes, un demi-litre d’essence c’est 60% de taxe. Il faut savoir qu’il y a des taxes sur les taxes, ça représente 7 centimes par litre et c’est incompréhensible pour le contribuable et pour un certain nombre d’élus.

A l’Assemblée nationale, le vote des différents budgets et des mesures prises pour le pouvoir d’achat des Français fait à chaque fois débat. Est-ce que vous avez l’impression d’être entendu ? Est-ce que vous avez réussi à faire passer des mesures qui n’étaient pas prévues par le gouvernement et qui vont faire du bien au budget des Français ?

Ce serait facile, par rapport au 49.3 de se draper dans sa dignité et de dire que c’est scandaleux mais la vérité c’est que dans une assemblée qui n’a pas de majorité, on savait dès le 20 juin que la période budgétaire se ferait avec le 49.3. Nous on a joué le jeu, on n’a pas voulu créer d’incidents ou du chaos dans la crise actuelle, on a essayé de se battre le plus possible pour nos concitoyens : porter des mesures qui puissent être gardées notamment après l’application du 49.3 pour une meilleure reconnaissance du travail. Et moi je regrette que le projet du gouvernement ce soit l’automatisation du RSA en test dès l’année prochaine, ça ne va pas dans le bon sens. Sur les aides aux collectivités, comme on voit comme elles subissent de plein fouet la hausse des prix de l’énergie, sur la stratégie énergétique et les investissements à faire pour redevenir souverain… on a fait des propositions fortes, plus de 35 milliards d’euros d’économie. Je regrette que le gouvernement n’ait pas eu le courage de reprendre ces positions-là parce qu’il essaye toujours de trouver un équilibre notamment du côté de son aile gauche et ça ne rend pas ce dialogue possible pour le moment.

Ce quinquennat est bien différent du précédent avec la majorité relative du gouvernement. Comment vous le ressentez, vous qui étiez déjà là en 2017 ? Est-ce plus intéressant ou plus compliqué ?

Les deux j’ai envie de vous dire. C’est chaque jour des équilibres différents qui peuvent se créer et en même temps c’est plus compliqué. Il y avait une majorité pléthorique, elle n’a pas obtenu de très bons résultats sinon on ne serait pas dans la situation dans laquelle on est politiquement aujourd’hui. Après, il faut mesurer ce que représente un hémicycle comme celui d’aujourd’hui ou quasiment un député sur 2 est extrémiste, que ce soit l’extrême droite ou du côté de la NUPES à l’extrême gauche. C’est des gens qui ont une stratégie politique qui vise à créer des incidents pour capter la colère des gens. Et malheureusement ce que je regrette c’est qu’aujourd’hui ça cannibalise une grande partie du débat de fond. Moi je ne nie pas le fait d’être un opposant à Emmanuel Macron et de combattre sur la plupart des aspects la politique du gouvernement mais je le fais sur le fond avec des amendements, avec du travail juridique, avec tout ce qui peut me remonter de ma circonscription. Et aujourd’hui, le spectacle malheureusement qui est offert aux gens c’est celui des incidents que les extrêmes essayent de provoquer et ce n’est pas très constructif.

Dernière question M. le député, la COP27 se déroule en ce moment. On critique souvent l’Etat de ne pas en faire suffisamment. Quelle mesure seriez-vous prêt à adopter pour le climat ? Quelles lois seraient nécessaires en 2023 ?

Dès 2018, si on parle des mesures qui ont les effets les plus immédiats, on a critiqué la stratégie du duo Macron/Hulot de vouloir fermer les centrales nucléaires et je crois qu’aujourd’hui la réalité de la situation nous donne raison, ça a été un drame on a perdu 4 ans et demi. Bien sûr, il faut que la France retrouve sa souveraineté dans le domaine énergétique, ça passe par l’autoproduction notamment du photovoltaïque chez les particuliers, dans les collectivités, chez les entreprises. Le fait de développer à l’échelle industrielle de nouvelles filières comme l’hydrogène et de rester le leader sur le nucléaire, ce qu’on est de moins en moins aujourd’hui. Ça c’est la priorité des priorités. On vient d’apprendre qu’on est 8 milliards sur Terre, on doit prendre conscience que nos modes de vie vont changer et si on ne prend pas les devants, on subira tous ces changements-là. C’est des choses qui portent sur les mobilités douces, sur le soutien à notre agriculture et à la transition agricole : manger français, manger local. Il y a encore des chantiers très importants à défricher qui ne le sont pas du tout aujourd’hui.