Yann Schrub en course pour les championnats d'Europe et les Jeux Olympiques


par Cédric Kempf
mardi 28 mai 2024 à 16:16

Yann Schrub en course pour les championnats d'Europe et les Jeux Olympiques

Yann Schrub a remporté le 5000 m du Meeting IFAM Outdoor de Bruxelles en 13'04''27 samedi en Belgique. Le pensionnaire de l'AS Sarreguemines devient le 5e meilleur performeur français de l'histoire !

Son N°1 - Yann Schrub en course pour les championnats d'Europe et les Jeux Olympiques

Yann Schrub, athlète français originaire de Achen, spécialiste des courses de demi-fond

J’imagine que vous ressentez beaucoup de fierté après ce week-end performant ?

Beaucoup plus de soulagement que de la fierté. C’est du soulagement parce qu’il faut savoir mettre des objectifs en place, et l’objectif ce n’était pas forcément celui-là, c’était vraiment un passage dans ma saison, mais ça confirme mon état de forme et surtout, ça me met en confiance avant les Europes et les JO qui vont arriver.

Prochaine étape pour vous, les Europe dans deux semaines, comment vous vous sentez à 15 jours de l’épreuve ?

Plutôt bien, parce qu’on a bien préparé cette saison avec les coachs, en partant en stage en Afrique du Sud, à Vichy, au Portugal, ça a donc payé. J’ai su gérer les petites douleurs qui sont apparues, parce que, quand on est sportif de haut niveau, on a des douleurs partout, mais on a su gérer ça aussi. Maintenant, j’ai fait le plein de confiance avec mon 1500m et mon 5000m maintenant, où j’ai réussi à faire les minima olympiques par la même occasion, dans une course qui n’était pas forcément facile, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de densité comme d’autres courses qui peuvent exister en athlétisme. En tout cas, c’est le plein de confiance avant la grosse échéance à Rome, dans deux semaines, pour les championnats d’Europe. Quand on a de la confiance, c’est très important, pour essayer d’aller chercher un podium.

C’est une grosse préparation mentale, ça ressemble à quoi ?

C’est le plus dur effectivement. Je dis toujours que dans ce métier de sportif de haut niveau, pour moi, le côté course à pied est assez facile, par contre, le côté plus compliqué c’est le mental, le côté psychologique, parce qu’on se remet tout le temps en question, il y a des hauts et des bas forcément, quand on réussit, quand on loupe, que ce soit à l’entrainement ou en course. Je suis suivi par une préparatrice mentale, parce que je pense que j’en avais un petit peu besoin pour me remobiliser.  En course à pied, je dis toujours que je suis dans le rouge à mi-course, donc il faut savoir pallier cette douleur et ça passe par le côté psychologique, en étant bien, à 100%, il ne faut aucun couac mental pour qu’on se concentre uniquement sur notre objectif, et pas sur la douleur.

Quelle est la plus grande qualité qu’il faut avoir pour surmonter ça ?

C’est le fait de se faire mal, dans le sens propre du terme, c’est-à-dire que j’arrive à pallier les douleurs, j’arrive à aller dans une grosse zone rouge, une ou deux fois par an, parce que ça demande beaucoup de travail quand même. Je donne souvent l’exemple de Budapest, c’est pour ça que le sport de haut niveau, on va dire que ce n’est pas très bon pour la santé. Je m’étais mis dans un tel état que j’étais au pôle médical pendant 2h, une déshydratation et un infarctus transitoire, donc ce sont des zones où l’on va se mettre pour chercher un objectif, qui ne sont pas forcément très bonnes, et que je n’arrive pas à faire tous les week-ends, mais ça passe par la préparation mentale, parce que le cerveau et le corps humain sont capables de tellement de choses, il faut juste les préparer et avoir confiance en soi, de ce qu’on est capable de faire, même si le corps nous dit parfois stop, il faut que le cerveau continue.

Suite au résultat à Bruxelles, tu es désormais qualifiable pour les Jeux Olympique, concrètement ça veut dire quoi ?

Sur 10 000m, sauf blessure, je suis qualifié. Pour le 5000m, pour faire simple, il me reste à participer aux championnats de France, c’est le seul problème que je vais avoir. Il faut que je fasse le voyage, pendant mon stage à Vichy, jusqu’à Angers, pour participer aux championnats de France. On va voir si ça fait partie de la préparation ou si ça va me créer une fatigue en plus. Pour le moment, on va partir sur un doublé aux Jeux Olympiques. Je dis donc qualifiable parce que j’ai rempli quasiment toutes les modalités, il faut juste que que je participe à ces championnats.

Votre prochaine ambition c’est quoi ? Remporter les JO ?

La prochaine ambition, ce sont les Europes. Pourquoi ? Parce que, pour moi, en course à pied, c’est l’un des plus populaires, il y a en a pratiquement dans toutes les villes, donc l’armada africaine est assez bien chargée et c’est très compliqué d’aller tous les battre dans des championnats du monde ou des JO, donc pour moi les Europes sont très importants de ce côté-là. Je vais essayer d’aller chercher une médaille aux Europes de Rome, malgré la densité qu’il peut y avoir par rapport il y a deux ans à Munich, parce qu’il y a des naturalisés qui se sont rajoutés, les gens sont très en forme parce qu’il y a les Jeux à Paris, donc une médaille aux Europes ce serait déjà incroyable. Et après, on se consacrera sur les JO, il me restera 6 semaines de préparation, donc étape par étape, on ne peut pas brûler les étapes, ce n’est jamais bon. Moi, avant tout, c’est les Europes, et après les JO. Mais les Jeux, on ne va pas se mentir, la médaille, c’est hyper compliqué, parce que les coureurs africains sont tellement forts, on parle des meilleurs mondiaux, des meilleurs de leur pays.


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