Parité hommes-femmes aux municipales, la sénatrice Christine Herzog dénonce une volonté de faire disparaitre les petites communes


par Camille Bazin
lundi 26 mai 2025 à 10:31

Parité hommes-femmes aux municipales, la sénatrice Christine Herzog dénonce une volonté de faire disparaitre les petites communes

Le Conseil constitutionnel a validé une loi qui va modifier les règles d’organisation des élections municipales pour 2026 pour les petites communes. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, le même mode de scrutin sera appliqué comme dans toutes les autres communes : le scrutin de liste à deux tours, chaque liste étant composée alternativement d’un candidat de chaque sexe. On en parlait ce matin avec notre invitée dans le Grand Réveil.

Son N°1 - Parité hommes-femmes aux municipales, la sénatrice Christine Herzog dénonce une volonté de faire disparaitre les petites communes

Christine Herzog - sénatrice de la Moselle et ancienne maire de Hertzing

Sur votre page Facebook, vous parlez d’un « coup dur », pourquoi faites-vous partie des opposants à cette réforme ?

J’y suis opposée, car ça a des conséquences sur les communes. Je rappelle quand même que 3700 communes en France ont moins de 100 habitants, que 73% des communes ont moins de 1000 habitants et que monter des listes à la parité, c’est un parcours du combattant. Les maires et les conseillers municipaux qui les accompagnent me disent qu’il vaut mieux avoir la qualité que la quantité. Une femme, si elle a la volonté de s’engager en politique, elle le fera. La difficulté de monter une liste, ça va être que les maires vont faire face à un Conseil municipal déjà en place et dire « je vais devoir choisir une femme plutôt que toi puisque je suis obligé d’appliquer le texte » alors que cet homme, c’était engagé pour la commune, c’était investi pour la commune. L’origine de cette pression, et moi, je la vois comme ça, c’est une pression qui vient de l'Union européenne qui depuis la CEE, la communauté économique européenne, les 12 considèrent anormale que la France ait autant de communes et justement, c’est la particularité de la France et j’y tiens et je me battrai toujours dans ce sens-là.

Les conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants ne comptent que 37,6% de femmes, qu’est-ce qui explique que les femmes s’impliquent moins en politique ?

Elles y vont petit à petit. Ce n’est pas si vieux que ça que les femmes entrent en politique, mais ce n’est pas qu’en politique. Je prends toujours l’exemple des médecins, il y a de plus en plus de femmes médecins alors qu’avant, c’était des métiers d’hommes. Ça change, mais il faut prendre son temps. Je pense qu’on veut un peu trop précipiter. Une femme si elle a envie de s’engager que ça soit en politique, que ça soit en médecine, que ça soit dans d’autres fonctions, elles iront parce qu’elles ont envie. Il ne faut pas imposer les choses et là, on impose. Il y a des conseils municipaux où c’est l’inverse, où il y a plus de femmes. Mais chercher des femmes pour combler des listes, je ne pense pas que c’est un bon signal et ça va fragiliser les conseils municipaux.

Le Conseil constitutionnel a quand même mis des éléments de sécurisation. On pourra présenter des listes incomplètes, il pourra y avoir des élections complémentaires en cas de démissions importantes à la place de faire une élection municipale partielle et il sera aussi possible de déroger à la règle du remplacement par une personne de même sexe pour les adjoints. Ça ne suffit pas à protéger ces conseils municipaux ?

Ça va complexifier les choses. Quand on fait une liste municipale, ce sont des gens qui veulent s’engager pour la commune. On a essayé de limiter la casse, mais derrière tout ça, je suis scandalisée par l’attitude l’association des maires ruraux de France qui au lieu de défendre l’indépendance des communes accompagne leur disparition. Je suis scandalisée par rapport à ça. 

Que se passe-t-il si une commune n’arrive pas à constituer une liste ?

S’il n’y a aucune liste, le Préfet va saisir le maire sortant. Il va lui demander, trois mois après, de réorganiser des élections et s’il n’y arrive toujours pas, le risque, c’est que la commune soit rattachée à l’ancien chef-lieu de canton, c’est ça le risque et je pense que le but est là. On voit nos communes disparaître et mourir à petit feu. 


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