La LPO vous invite à prendre une heure de votre week-end pour observer et compter les oiseaux
Les 24 et 25 janvier, c'est le traditionnel week-end de comptage des oiseaux. La LPO, Ligue de Protection des Oiseaux, invite tout le monde à y participer. On en parlait dans le Grand Réveil ce matin avec notre invitée.
Son N°1 - La LPO vous invite à prendre une heure de votre week-end pour observer et compter les oiseaux
Cathy Zell – Chargée de communication à la LPO Alsace
Cette opération de comptage des oiseaux est menée depuis 2012 partout en France. De quoi s'agit-il ?
C'est une opération qui se déroule au mois de janvier tous les ans. Il y aura la même d'ailleurs un peu plus tard au mois de mai pour une autre opération. L'idée, c'est vraiment d'inviter tout le monde, tout un chacun, à s'intéresser aux oiseaux qui fréquentent nos jardins. Pour ça, on va demander aux gens de regarder pendant une heure, soit le samedi, soit le dimanche, tout ce qui se passe dans son jardin et de noter les oiseaux qui vont venir. C'est un temps qu'on s'accorde rarement. Quand on demande quels sont les oiseaux qui sont dans votre jardin, peu de gens sont capables de connaître plus qu'une ou deux espèces, alors qu'au final, quand on regarde pendant une heure, on se rend compte qu'il y a plein d'oiseaux différents. L'idée, c'est vraiment d'inviter les gens à s'intéresser à ces oiseaux et puis après à faire un petit retour, c'est-à-dire à noter les observations sur un site internet, un site qu'on appelle "participatif", où on peut noter tous les oiseaux qu'on a vus.
Vous l'avez dit, en général, on ne connaît pas plus d'une ou deux espèces. Si on veut participer, comment on fait pour reconnaître ces espèces ?
Oui, c'est pour ça que c'est bien de s'y intéresser un petit peu en amont. Sur le site Oiseaux des Jardins, il y a des fiches de présentation de ces espèces très simples. L'avantage, c'est qu'elles ne se ressemblent pas tant que ça. Les petits oiseaux, une fois qu'on fait attention aux détails de leur plumage, de leur taille, de leur bec, on arrive finalement assez bien à les reconnaître. Moi, ce que je vous invite, c'est à regarder ces fiches qui sont disponibles et qui met en avant les petits détails qui différencient les espèces. Et puis après, quand on n'est pas sûr d'y arriver en direct, le mieux, c'est peut-être de faire une photo de l'oiseau et puis après de se prendre le temps de vérifier quel est le nom de l'oiseau.
Donc, vous invitez évidemment tout le monde à y participer. Pourquoi c'est important qu'un grand nombre de personnes participent à ce week-end de comptage ?
Une fois de plus, quand on connaît, on est concerné et puis après, c'est plus facile de protéger. Vous savez que la biodiversité s'effondre, y compris les oiseaux des jardins. Ce n'est pas que l'ours polaire ou le grand tétra dans les Vosges, c'est aussi les petits oiseaux de nos jardins. Donc nous, ça nous permet de voir quelle est l'évolution de ces populations : est-ce qu'elles augmentent et ce qu'elles diminuent ? Mais ce comptage, il a lieu toute l'année. Là, on met vraiment un coup de projecteur pour que tout un chacun puisse s'émerveiller, se rendre compte et après puisse protéger ses oiseaux. Là, c'est les oiseaux en hiver, mais au mois de mai, ce sera les oiseaux du printemps. Et là, on s'intéressera à tous les oiseaux qui viennent nicher chez nous, pas qui viennent passer l'hiver, mais ceux qui viennent élever leurs petits dans le jardin. Ce sera une autre opération.
Aujourd'hui, quelle est la situation en Alsace ? Est-ce qu'il y a des espèces qui rencontrent des difficultés ?
Alors, globalement, bien sûr. Les oiseaux des milieux agricoles sont les plus touchés. On pense, par exemple, aux alouettes, les alouettes des champs, qu'on voyait beaucoup, qui n'existent plus. Il y a beaucoup d'oiseaux, si je vous dis les noms, vous ne savez même pas à quel oiseau ça correspond, parce que, justement, les gens ne les connaissent pas. Si je vous dis, par exemple, l'oedicnème criard ou le cochevis huppé, ce sont des noms qu'on n'a jamais entendus, et pourtant, ce sont des oiseaux communs dans nos régions. Mais comme on ne les connaît pas, on ne s'y intéresse pas. Si maintenant, je dis que l'hirondelle, que tout le monde connaît, a des effectifs en chute, on se sent un peu plus concerné, on va essayer de la protéger. Donc, en hiver aussi, il y a des oiseaux qui se portent un petit peu moins bien. Et donc, une fois qu'on sait qu'on peut leur donner un petit coup de main, leur mettre des graines en hiver, faire attention à son jardin, en mettant des aménagements pour leur permettre de bien passer l'hiver, garder des haies, garder des arbres creux, etc., on va se sentir concerné.


