L’effroi des lycéens de Phalsbourg après la découverte des centres de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau


par Lucas Michels
mardi 24 février 2026 à 06:00

L’effroi des lycéens de Phalsbourg après la découverte des centres de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau

Cette semaine, on vous fait suivre la visite des élèves du lycée Erckmann Chatrian de Phalsbourg du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne. Cette visite, initiée par la région Grand Est, a été faite avec notre guide Kévin Magnin. Voici la deuxième partie de la visite. 

Son N°1 - L’effroi des lycéens de Phalsbourg après la découverte des centres de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau

En avançant, on arrive dans le plus grand centre de mise à mort d’Europe.  

Après avoir découvert l’arrivée et le lieu de survie des déportés, nous nous sommes enfoncés dans les entrailles du site en découvrant des ruines glaçantes.

À votre gauche et à votre droite, les ruines qu’on voit, sont les ruines des crématoriums 2 et 3. Ce sont les plus grands crématoires d’Auschwitz-Birkenau.

Les restes de ces bâtiments, détruits par les Nazis avant leur départ du camp, ont mis en évidence de grandes salles souterraines.

Cette grande salle, c’est la salle de déshabillage. Les déportés qui étaient envoyés vers les centres de mise à mort, rentraient dans ce bâtiment. Vous avez compris qu’ils n’en sortaient jamais parce que tout se fait dans ce bâtiment. 

À la perpendiculaire de cette première salle de déshabillage, il y a cette salle qui sera la dernière que ces personnes verront, c’est la salle de gazage. Dans un bâtiment comme celui-ci, 1 500 personnes pouvaient être assassinées en 15 minutes. Ce que vous avez devant vous, c’est la mise en relation d’esprits, d’ingénieurs, pour créer un bâtiment qui réponde à une seule question : « Comment assassiner le plus de personnes possibles en moins de temps possible ? ». La réponse est devant vous.   

Témoignages d'anciens déportés

Le fonctionnement de ces centres de mise à mort est connu grâce aux témoignages d’un certain groupe de prisonniers, appelés Sonderkommando.

C’est un groupe de déportés qui sont sélectionnés, encore plus que les autres, dès leur arrivée. Ce sont eux qui vont être ici, dans ces bâtiments, qui vont vivre ici, travailler ici, et qui vont faire rentrer des gens et se débarrasser des corps par la suite.

L’un d’entre eux, appelé Shlomo Venezia, a pu témoigner de l’horreur de la situation à travers ces quelques lignes contées par notre guide Kévin Magnin.

Soudain, j’ai entendu mon nom : « Shlomo ! Shlomo ! ». L’homme a été affecté parce que je ne l’avais pas reconnu tout de suite. Il était devenu un squelette. Cet homme, c’était un cousin de mon père, il avait 20 ans. Je suis resté interdit, puis, j’ai commencé à lui parler et à le calmer. Il était désespéré parce qu’il savait qu’il allait mourir. Je lui ai dit de rester tranquille et que nous allions tous mourir, mais bien sûr, c’est lui qui allait mourir.

Je lui ai demandé s’il avait faim. J’étais sûr qu’il avait faim. Je suis alors monté, là où nous dormions, où j’avais caché du pain et des conserves dans mon lit. Je lui en ai apporté, et il n’a même pas mâché, il a juste avalé. Il est resté, presque le dernier, et a eu le temps de me demander si on souffrait en mourant. Je lui ai répondu que l’on ne souffrait pas et qu’il fallait rester calme.

Je lui ai pris le bras et je l’ai accompagné, presque jusqu’à la porte de la chambre à gaz. Il y est entré et la porte s’est refermée. Dix ou douze minutes après, il n’était plus là. Ça a été, pour moi, insoutenable. J’étais désespéré. Mes amis m’ont aidé, ils m’ont tenu à l’écart, à l’extérieur. Ils ont sorti son corps parmi les premiers pour que je ne le voie pas, puis, nous avons récité, ensemble, une prière pour lui.    

Les lycéens marqués

Ces vestiges et véritables preuves de la Shoah provoquent un choc collectif auprès des lycéens, dont fait partie Anthony.

Même si, ce qui reste est détruit, on s’imagine ces milliers de déportés qui se faisaient exterminés. On s’imagine aussi la fumée dégagée par les crématoires. C’est du choc, parce qu’on est vraiment marqué. On a un peu la boule au ventre et on réfléchit beaucoup.  

Les lycéens ont également pu voir divers autres lieux où de nombreuses atrocités ont été commises, dont un qui a marqué Léo.

Quand nous étions devant le champ où des milliers de personnes se sont faites brûlées, on a ce sentiment de poids qui écrase cet endroit avec tout ce qui s’est passé. Ce sont des choses qu’on ne ressent pas forcément devant un documentaire.

Avec l’aide de photos d’archives et de témoignages nous avons pu prendre conscience de la cruauté qui régnait ici, jusqu'à la libération du camp en janvier 1945. Au terme de cette visite bouleversante, une minute de silence a été observée.


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