La qualité de l’air se dégrade en 2025 dans le Grand Est
L’association Atmo Grand Est a publié son bilan de la qualité de l’air dans la région pour l’année 2025. L’air que nous respirons est-il de bonne qualité ?
Son N°1 - La qualité de l’air se dégrade en 2025 dans le Grand Est
Etienne Koszul – directeur général ATMO Grand Est
Avant d’entrer dans le détail, quand on parle de qualité de l’air, on parle de quoi ?
On parle de la surveillance de tous les éléments chimiques ou physiques que nous envoyons dans l’atmosphère. Je parle de nous, les hommes, mais ça peut aussi être des polluants naturels envoyés par les feux de forêt, les éruptions volcaniques ou ce genre de choses. Ce sont des éléments qui vont perturber l’atmosphère et surtout impacter la santé des populations voire des écosystèmes.
Vous avez publié votre rapport pour l’année 2025, on constate une augmentation des concentrations de plusieurs polluants atmosphériques notamment le dioxyde d’azote et les particules fines, comment ça s’explique ?
C’est un peu une particularité de cette année, une évolution qui n’est pas forcément habituelle, les années passées on était plutôt sur des baisses ou des stagnations mais pas de hausse. C’est un phénomène qui ne concerne pas que le Grand Est, on l’observe en Bourgogne et dans les Haut-de-France, c’est lié aux conditions météorologiques de l’année 2025 par rapport à l’année 2024 qui a été moins favorable à la qualité de l’air mais plus favorable à la concentration des polluants dans l’air, c’est-à-dire qu’on a eu un hiver où on a eu moins de pluie, qui ont tendance à laver l’atmosphère, et donc les polluants en hiver se sont concentrés dans l’atmosphère. Ça c’est pour les particules fines émises par le chauffage. Il y a eu également des épisodes de brouillard qui ont fait stagner l’atmosphère et là-aussi les polluants se concentrent dans les zones de brouillard. Donc il y a eu des phénomènes météo qui font que les concentrations in fine pour 2025, l’exposition moyenne sur l’année, est moins bonne.
Les températures ont fortement chuté ces derniers jours après des jours de beaux temps, est-ce que ça peut impacter la qualité de l’air ?
Les températures ont baissé donc on augmente le chauffage et ça, ça peut générer des particules fines. C’est l’un des facteurs, mais le facteur qui est important après c’est vraiment de savoir si l’air dans laquelle arrive les polluants est en mouvement ou reste immobile. Si l’air ne bouge pas beaucoup, si c’est des conditions de beau temps, là on peut avoir une augmentation de la pollution et arriver jusqu’à un pic de pollution. S’il y a du vent, s’il pleut, on peut avoir des températures qui descendent mais les polluants sont chassés d’une certaine manière.
Vous évoquez les pics de pollution. De quoi s’agit-il exactement ?
Ce dont on a parlé jusqu’à présent, on va dire que c’est une exposition moyenne sur l’année, c’est l’exposition quotidienne qui a un impact fort sur la santé, il faut bien le préciser. C’est sans doute là que se joue le plus grand nombre de soucis sanitaires qu’on peut avoir, mais au-delà de l’exposition moyenne et générale sur l’année, il y a la notion de pic de pollution, c’est-à-dire quand les polluants, sur une période assez courte, vont tellement s’accumuler dans l’atmosphère qu’on va dépasser certaines seuils, délimités par la réglementation. Là on dit qu’on dépasse un seuil, soit d’information, soit d’alerte et, à partir de là, l’Etat, c’est-à-dire le préfet de région, et les collectivités enclenchent des mesures ponctuelles pour faire diminuer les niveaux de pollution dans l’atmosphère. Ça va être de l’information, mais aussi des mesures de restriction de circulation, de transport gratuit, des choses comme ça.
Quelles sont les conséquences pour nous ? Pour notre santé ?
Ça va dépendre des polluants mais globalement la qualité de l’air a un impact très important sur la santé, les conséquences et les difficultés respiratoires qui peuvent être ponctuelles mais aussi chroniques, les bronchites chroniques, l’asthme… Ensuite, la qualité de l’air peut avoir des impacts sanitaires bien plus graves, cancer du poumon, infarctus, AVC. On est même en train de démontrer que la pollution a des impacts sur la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurologiques aussi bien plus profondes.
Ça se chiffre ?
Ça se chiffre en partie, notamment pour tout ce qui est maladie cardiaque et respiratoire. Par exemple, pour l’asthme chez les enfants, on sait que 1 cas d’asthme sur 5 est lié à la pollution de l’air. En gros, pour tout ce qui est infarctus, AVC, c’est à peu près 1 cas sur 13, 1 cas sur 15, qui est lié à la pollution de l’air. On se rend compte que l’impact de la pollution de l’air sur la santé est très important.


