Intensité et précocité : une année 2026 déjà exceptionnelle pour les pollens dans le Grand Est
La saison 2026 des pollens est marquée par leur intensité et leur précocité. En ce début du mois de mai, les graminées commencent déjà à faire parler d’eux…
Son N°1 - Intensité et précocité : une année 2026 déjà exceptionnelle pour les pollens dans le Grand Est
Anne AROUNOTHAY - Référente régionale Pollens chez Atmo Grand Est
Quand a commencé la saison 2026 des pollens ?
On va dire que depuis quelques années on constate que la saison des pollens est de plus en plus précoce. Elle a démarré sur le Grand Est dès le 8 décembre avec les noisetiers. Et à partir du 13 janvier, ça devenait compliqué pour les personnes allergiques puisque vous aviez les noisetiers ensuite les aulnes et les bouleaux qui sont arrivés quasiment à la fin mars.
Les premiers pollens sont apparus de façon précoce et ça a aussi été le cas par la suite jusqu’en ce mois de mai ?
Alors c’est vrai que ça a démarré très tôt. Ça a démarré fort puisque le risque allergique s’est poursuivi et est resté intense du mois de janvier, jusque maintenant pour les personnes allergiques, jusque fin avril. Parce que les pollens de bouleaux sont arrivés beaucoup plus tôt qu’il était prévu, c’est-à-dire qu’ils arrivés le 31 mars. On a eu 3 gros pics de pollens de bouleaux sur l’ensemble de la région Grand-Est. Et maintenant le beau temps que vous avez vu et ce printemps très précoce avec 3 semaines d’avance a entraîné la floraison et le développement des graminées. Donc là actuellement vous avez les premiers pollens de graminées qui sévissent.
C’est donc la météo qui explique l’apparition tôt dans la saison des différents pollens ?
Oui tout à fait, on a eu un hiver vraiment très doux, un petit ralentissement de la pollinisation grâce à une petite vague de froid. Mais juste après le printemps est arrivé vraiment très tôt avec quasiment 3 semaines d’avance. Ça faisait dans les concentrations de pollens puisqu’elles sont quasiment 10 fois plus élevés que ce qu’on a pu observer en 2025.
Les pollens sont présents plus tôt, mais qu’en est-il de leur quantité ? Les arbres donnent beaucoup de pollen cette année ?
Oui tout à fait, là on a constaté les premières concentrations de pollen qui sont très fortes. Il est à craindre que ce sera pareil pour les pollens de graminées parce qu’il y en a déjà en masse. Les allergies sont donc assez importantes pour les pollens de graminées actuellement.
Pour l’instant c’est une année particulièrement difficile pour les personnes allergiques aux pollens ?
Les conséquences pour les personnes allergiques c’est que maintenant le risque allergique se prolonge pour elles puisque ça a démarré avec la saison des arbres donc dès le mois de janvier, donc ils ont eu un risque allergique important parce que les pollens d’arbres se sont succédés. Voilà, vous avez les pollens de noisetiers, d’aulnes, les pollens de charmes et ensuite de bouleaux. Donc, pendant 3 mois ça a été non-stop pour eux. Et malheureusement les graminées se sont aussi développées, donc le risque a perduré tout au long de cette période. De janvier jusqu’à mai. Et malheureusement pour eux, il est à craindre que le pic de graminées arrive entre la mi-mai et la fin mai.
Et après ça, est-ce que ça devrait se calmer pour le mois de juin ?
Alors ça ne va peut-être pas se calmer tout de suite parce que les graminées vont se succéder donc malheureusement pour le mois de juin, on attend également d’autres pics de graminées. Ça devrait commencer à se calmer en juillet mais tout dépend des conditions météo.
Vous êtes référente régionale Pollens chez Atmo Grand Est et vous les analysez tout au long de l’année, comment vous procédez ?
Alors nous disposons de capteurs qui vont aspirer l’air à un débit qui est proche à situation humaine. Ils aspirent l’air pendant une semaine et ensuite nous récupérons les supports de prélèvements et nous les analysons chez nous dans nos locaux donc on les analyse c‘est-à-dire que l’on observe les pollens au microscope et on les compte. Ça nous permet d’accéder aux concentrations journalières de chaque pollen. Ça nous permet de vous dire quel pollen vous avez exactement dans l’air, quelle est leur concentration et également quelle est la concentration lors du pic. Nous faisons également des observations de terrain et là nous pouvons indiquer en temps réel ce qui se passe, est-ce qu’on est en floraison, est-ce qu’on est en pollinisation.
Vous pouvez vérifier chaque jour la situation de votre commune concernant les pollens sur le site internet d’Atmo Grand Est.


