"Et si nous arrêtions vraiment ?" : l’Apei Moselle tire la sonnette d’alarme face au manque de moyens pour le secteur du handicap
Du 12 au 17 octobre, l'Uniopss (Union Nationale Interfédérale des Oeuvres et Organismes Privés Non-Lucratifs Sanitaires et Sociaux) et les acteurs associatifs des secteurs sanitaire, social et médico-social se mobilisent autour de la campagne nationale : "Et si nous arrêtions vraiment ?". Cette initiative vise à alerter sur les difficultés croissantes rencontrées par les associations et à rappeler leur rôle essentiel auprès des personnes les plus vulnérables. On en parlait ce matin dans le Grand Réveil avec notre invité.
Son N°1 - "Et si nous arrêtions vraiment ?" : l’Apei Moselle tire la sonnette d’alarme face au manque de moyens pour le secteur du handicap
Hadj REZIG - Directeur général de l’Apei Moselle
Du 12 au 17 octobre, l’APEI Moselle participe à la mobilisation nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? ». Pourquoi avoir choisi de vous associer à cet appel ?
Parce qu'on fait face à des besoins de plus en plus criants sur le territoire, des besoins pour les personnes que nous accompagnons. L'association APEI Moselle accompagne les personnes en situation de handicap. Et face à ces besoins qui sont criants, on manque de moyens. On manque de moyens pour répondre à tous les besoins qui sont présents.
Des moyens financiers, humains ?
Surtout des moyens financiers parce que les places que l'on crée, les accompagnements qu'on propose sont financés par des dotations de l'État, du département. Et c'est ces moyens-là sur lesquels on est en alerte. On a des situations de plus en plus complexes à suivre, à accompagner. Et on n'a pas forcément les bonnes réponses de la part de nos financeurs. Donc voilà pourquoi le mouvement parental que je représente au travers de l'APEI Moselle se mobilise pour obtenir ces moyens, pour alerter sur la situation qui est parfois compliquée.
Je rappelle, que l'APEI vous accompagnez les personnes en situation de handicap. Et donc concrètement sur le terrain, ce manque de moyens, qu'est-ce que ça engendre ?
Je vais vous donner un exemple. Hier j'étais dans un établissement, le foyer d'accueil médicalisé Les Sereins Saint-Avold. Ils accueillent une soixantaine de personnes et ils ont une liste d'attente de 150 personnes qui sont maintenues par défaut à domicile ou dans des établissements qui ne sont plus adaptés. Et lorsque je vous parle de moyens, c'est par exemple pour répondre à ce type de besoin. On a depuis quelques années un manque de création de place, notamment sur des établissements médicalisés. Ce qui crée des situations de détresse pour les familles et des situations de plus en plus compliquées. On a par exemple, des adultes qui sont maintenus par défaut dans des établissements pour enfants. Ça crée des engorgements pour l'entrée dans ces établissements et ça crée des difficultés pour les familles.
Quel message aujourd'hui souhaitez-vous adresser au pouvoir public à travers cette mobilisation ? Quelles mesures attendez-vous concrètement ?
Une prise en compte réelle de nos besoins, de nos besoins pour les personnes que nous accompagnons. Mais pas uniquement. Les budgets qui nous sont alloués servent aussi à financer les rémunérations. L'attractivité de notre secteur est en difficulté. On a des vrais professionnels engagés au service des personnes qui donnent sens à leur mission, mais qui ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Nous n'avons, depuis plusieurs années, aucune revalorisation qui est faite sur ces éléments de rémunération. Et donc ça pose problème pour nos organisations. Et c'est aussi ce message d'alerte qu'on veut transmettre à nos financeurs. Et en ce moment se discute le projet de loi de finances de la Sécurité Sociale, qui en grande partie finance ce type d'établissement. Et on veut que les parlementaires, les politiques puissent prendre les bonnes décisions et trouver les bons compromis pour maintenir l'accompagnement, la qualité de l'accompagnement que l'on souhaite tous pour nos aînés, pour les personnes en situation de handicap dans nos établissements et services.


