La nuit des sorcières

Contes et légendes de notre région

La nuit des sorcières

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Épisode du lundi 4 mai 2026 à 09:45

Nous habitons un territoire de superstitions, qui regorge d’histoires de fées et de sorcières. La nuit des sorcières, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, est source de farces et annonce le printemps. Son origine, riche en symbolisme, remonte à la nuit des temps.

Une tradition païenne ancestrale

Chez les celtes, la nuit du 30 avril au 1er mai est un passage, une porte entre la saison sombre et la saison claire. On fête Beltaine, en l’honneur du dieu solaire Belenos. C’est la fête du soleil nouveau qui régénère la terre. Les celtes allument de grands feux pour célébrer le soleil, mais aussi faire partir les forces de l’hiver. Les druides font des offrandes aux esprits de la nature pour s’assurer de bonnes récoltes, les germains à la déesse Holda qui éveille le printemps en semant des fleurs.

 

Pourquoi des sorcières ?

L’Église tente de supprimer ces anciennes croyances. Au besoin, elle les maquille avec un vernis chrétien. L’antique fête du printemps est christianisée avec Sainte Walburge, une sainte anglo-saxonne du VIIIe siècle, qui remplace Holda. La période s’appelle désormais Nuit de Walpurgis. Les forces de l’hiver deviennent des sorcières, les grands feux servent à s’en protéger, les paysans tracent trois croix sur la porte pour éloigner les sorcières. Une fête, initialement de réjouissance, devient diabolique.

 

Pourquoi des farces ?

La Hexenacht actuelle est en réalité une Freinacht, une nuit des libertés, où tout est possible et permis, comme au temps du carnaval. Le temps du réveil des humains accompagne le réveil de la nature : ce sont des moments de réjouissances pour la jeunesse. Les jeunes gens, conscients de la peur que les sorcières infligeaient aux villageois, profitaient du fait que les gens n'osaient plus sortir jusqu'au lendemain matin, pour se livrer à des facéties bon enfant et jouer des tours à leurs semblables. L’ordre naît du chaos et on a ici un rite de type initiatique. Les sorcières symbolisent le désordre, nécessaire pour que la belle saison se manifeste enfin.

 

En conclusion

Cette tradition est restée vivace chez nous. Nos ancêtres ont pris avec humour les farces nocturnes. Il faut y voir un rite de passage chez la jeunesse où durant cette nuit, davantage de liberté était permise avant que les choses sérieuses recommencent le lendemain. Nuit de « chaos », elle était nécessaire pour partir dans un nouveau cycle. Joie aussi  pour nos ancêtres de retrouver la saison lumineuse, la Hexenacht est bien plus qu’une curiosité touristique, c’est une tradition qui fait partie d’une histoire très lointaine. À nous de préserver ce patrimoine.

 

Chronique réalisée par Gilles Weiskircher

 

 

 

 

 

 


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