Oermingen : Entre sous-effectif et sécurité, le dilemme des agents du centre de détention
En sous-effectif, les agents pénitentiaires du centre de détention d’Oermingen réclament le retour des heures supplémentaires. Depuis le 26 février, la charte du temps de travail est strictement appliquée dans l'établissement. Une décision jugée incompréhensible par les agents, qui craignent pour leur sécurité et celle des détenus.
Son N°1 - Entre sous-effectif et sécurité, le dilemme des agents du centre de détention
Le centre de détention d’Oermingen nécessite 92 agents pénitentiaires. Aujourd’hui, seuls 76 sont en poste, ce qui impacte la rotation des effectifs. Pour compenser, certains accumulaient volontairement des jours de travail supplémentaires. Cette pratique n’est désormais plus autorisée, selon Gilles, secrétaire local du Syndicat Pénitentiaire des Surveillants.
On ne peut plus être rappelé le quatrième jour pour couvrir les trous dus au manque d’effectifs. En détention, on arrive en mode dégradé, c’est-à-dire avec des postes qui ne sont pas couverts.
Concrètement, un agent peut se retrouver seul face à des détenus dont le profil n’est pas adapté au centre d’Oermingen, alerte Christophe, trésorier local de l’Union Fédérale Autonome Pénitentiaire.
Il y a des détenus qui ont des peines supérieures à 10 ans et avec des profils qui sont beaucoup plus violents. Si l'on se retrouve seul dans un bâtiment, c'est très compliqué à gérer.

Thomas, secrétaire local CGT, s’inquiète déjà pour l’été, période où les effectifs seront réduits à cause des congés, mais il pointe également un autre problème.
Actuellement, il nous manque entre 15 et 20 agents, sachant qu'il y a encore cette année 5 ou 6 agents qui vont partir à la retraite.
Si la direction locale est consciente des problèmes, l’intersyndicale n’est pas entendue à l’échelle interrégionale. Le centre de détention accueille près de 270 détenus et les conditions de vie au sein de la structure se détériorent.
Nos bâtiments se dégradent et, actuellement, nous sommes envahis par les rats. Cela fait des semaines, voire des mois, que nous le signalons, mais rien ne bouge, rien n’avance. Dans le bâtiment des équipes locales de sécurité, ouvert récemment, les collègues n’arrivent quasiment plus à y entrer à cause de l’odeur des rats.
La situation actuelle laisse craindre une montée des tensions dans les semaines à venir.



