Face à une crise financière sans précédent, Emmaüs Forbach lance un appel à la solidarité
Emmaüs Forbach rencontre d’importantes difficultés financières. Un appel à la solidarité est lancé pour sauver l’association.
Son N°1 - Face à une crise financière sans précédent, Emmaüs Forbach lance un appel à la solidarité
Jean-Claude Dunkhorst – président d’Emmaüs Forbach
Quelle est la situation économique actuelle d’Emmaüs Forbach ?
La situation est compliquée, elle est difficile, je crois que c’est la crise la plus difficile que nous ayons à surmonter. Elle s’explique par plusieurs raisons : premièrement l’arrêt d’une subvention depuis 3 ans qu’on appelle l’aide au poste puisqu’il faut rappeler qu’Emmaüs n’est pas simplement une salle de vente, nous avons aussi un chantier d’insertion et puis une pension de famille, nous faisons de l’hébergement. Quand les subventions ne rentrent plus ou avec du retard, ça nous met en difficulté économique certaine. Deuxièmement, l’augmentation des charges comme tout le monde, que ce soit l’électricité, l’eau et le gaz. Enfin, nous avons aussi eu le doublement d’une prime d’assurance. Une assurance a en fait décidé d’arrêter différents groupes Emmaüs dont le nôtre et donc l’assureur qui nous a repris a doublé la police d’assurance. Vous mettez tout ça bout à bout et du coup les charges sont plus importantes que les produits et ça génère des tensions et des difficultés certaines.
L'association est-elle en péril ?
Nous sommes en procédure d’alerte, c’est une obligation légale du commissaire aux comptes de la déclencher. Pour l’instant, nous n’en sommes pas là, mais nous pouvons être mis en redressement, ce qui voudrait dire que les dettes antérieures seraient gelées et nous serions en période d’observation. Pour le moment, ce n’est pas décidé, et c’est au juge du tribunal du commerce qui devra le décider.
Il n'y a donc pas de plan de redressement en cours ?
Nous mettons en place un plan de redressement en interne, en tout cas nous y travaillons. Il y a essentiellement deux mesures : la cession de biens immobiliers et nous avons déjà signé un compromis de vente pour un des bâtiments. Il y a un autre bâtiment que nous essayons de vendre, et nous avons des mesures de masse salariale. Nous nous sommes toujours refusés de les prendre puisque nos salariés sont très utiles avec qui on partage l’esprit d’Emmaüs, mais malheureusement là, nous sommes obligés d’avoir des mesures de masse salariale également.
Aujourd'hui, vous appelez à la solidarité des entreprises et des particuliers. Qu’est-ce qu’on peut faire pour sauver Emmaüs Forbach ?
Participer à l’économie du don, je sais bien que les sollicitations marchandes sont nombreuses sur d’autres plateformes qui sont rémunératrices, mais les personnes qui nous donnent des choses participent vraiment à cette économie du don parce qu’elles nous les donnent gratuitement et nous essayons de les valoriser.
Pour nos tâches, et je les rappelle, aider les compagnons, il y en a une trentaine, aider les personnes qui sont hébergées chez nous, dans les pensions de famille, les résidences sociales, il y en a 52, et puis accompagner les personnes qui sont en chantier d’insertion, il y en a à peu près une quarantaine, donc ça fait à peu près 130 personnes que nous accompagnons tous les jours. Les entreprises peuvent aussi nous donner et je pense que c’est vraiment intéressant, puisque-là nous avons reçu de la laine de verre qui avait bien fonctionné, donc ça nous permet d’avoir un peu de trésorerie parce que c’est ça qui nous manque actuellement pour permettre d’arriver au mois de janvier, date à laquelle les mesures que nous avons mises en place commenceront à produire leurs fruits.
Enfin, je lance un appel aux pouvoirs publics, parce que les pouvoirs publics peuvent aussi nous accompagner et nous aider, mais pour l’instant nous n’avons qu’une aide, celle de la Communauté d’agglomération de Forbach.


