De Zorzi, un siècle de savoir faire

Les rencontres de la Mélodie Family

De Zorzi, un siècle de savoir faire

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Épisode du jeudi 14 mai 2026 à 11:05

Direction Rémelfing pour une immersion au cœur de l'entreprise De Zorzi, qui célèbre cette année ses 100 ans d'existence. Je rencontre Daniel et Fabio, deux frères représentant la quatrième génération. Fabio, présent dans l'entreprise depuis 32 ans, en est aujourd'hui le gérant.

Voilà c'est ça, je suis le gérant. Je suis passé un peu par toutes les étapes. Apprenti à la pose d'escaliers, pose de plan de travail, ensuite j'ai fait du débit donc ce qui consiste à couper les plans de travail et maintenant je prends les mesures et j'aide aussi à la pose et je participe aussi à tout ce qui est chiffrage.

 

Ma partie à moi c'est la partie technique, pose, mise en œuvre, livraison, un petit peu de prise de mesure et un petit peu de paperasse. On a chacun notre domaine mais on peut chacun aider ou suppléer ou remplacer l'autre si c'est nécessaire.

La société fête ses 100 ans, ça doit être une fierté que de faire perdurer le nom ?

C'est une grande fierté de continuer à faire avancer cette société.

J'imagine que vous avez grandi ici, vous avez certainement beaucoup de souvenirs.

On a toujours travaillé en famille, on est presque nés ici en fait.

On a grandi ici avec notre grand-mère. On a encore aujourd'hui, après 30 ans, des chauffeurs de poids lourds qui ont un certain âge et qui viennent et qui nous disent je me rappelle encore quand je venais chez vous pour livrer et votre grand-mère elle me sifflait, elle m'appelait pour que je vienne boire un café au rebord de fenêtre, elle me faisait la mocha italienne.

Est-ce qu'au fil des ans la société a dû se réinventer ?

Les générations précédentes ils faisaient du second œuvre, ils travaillaient du terrazzo et ensuite ils sont passés au ponçage du marbre, ensuite on est passé au granit et là maintenant on travaille principalement le granit et la céramique.

Est-ce que vous avez constaté au fur et à mesure des années aussi un changement de consommation ?

On a eu une période où notre père et nos oncles ne faisaient d'ailleurs quasiment que du funéraire et par la suite ils ont développé donc tout ce qui était marbre, granit de décoration, escaliers, sol, salle de bain, toutes ces choses là et donc on a vu par la suite que ça s'est développé au niveau des salles de bain, des bacs à douche, au niveau des plan de cuisine et ça a pris un peu le dessus sur les tablettes ou les escaliers mais aujourd'hui on fait vraiment un peu de tout en fait.

Et les pierres alors elles viennent d'où ?

On a des fournisseurs en Italie et en Espagne principalement donc eux commandent les blocs, les font scier en tranches chez eux et nous fournissent les tranches sciées avec la finition souhaitée, satinée, polie. On peut avoir des pierres en fait qui viennent de partout dans le monde.

Ça pèse combien une tranche ?

 Si on part sur une tranche en granit en trois centimètres on est aux alentours des 400, 450 kilos.

Et la livraison ça se passe comment alors ?

Quand il faut y aller, il faut y aller. C'est à dire qu'on a des chariots pour la manutention quand même mais quand il faut monter au 16e étage à Strasbourg ou peu importe, c'est pas évident.

Pivotez, pivotez. Voilà pivotez, pivotez, elle ressort souvent. On rigole bien au début mais quand on arrive au dernier étage, on n'a plus trop envie de rigoler, on est souvent essoufflé.

Il ne faut pas cogner les coins, il ne faut pas cogner la pièce, il faut que ça passe dans l'escalier, que ça puisse tourner. Ensuite il faut réussir à rentrer sur les paliers, enfin c'est pas évident.

Je sens que les livraisons c'est toute une histoire.

Des moments épiques, il y en a eu quelques-uns. Effectivement, il y a eu quelques fous rires déjà, il y a eu quelques craintes, il y a eu beaucoup de craintes, on a déjà beaucoup transpiré.

Forcément c'est inévitable au repas de famille, on parle boulot.

Oui et non, on évite quand même. Il faut vraiment que ce soit un dossier qu'on ait oublié ou qu'on évite au maximum parce qu'on fait ça depuis une trentaine d'années et c'est vrai que tous les midis on mange ensemble, on essaie de parler de plein d'autres choses en fait.

Est-ce qu'un jour vous avez regretté d'avoir intégré l'entreprise familiale ?

Moi j'ai pas de regrets.

Vous étiez fait pour ça ? C'est pareil, il n'y a aucun regret. On serait capable et on saurait faire plein d'autres choses et si demain il faut faire autre chose, on fera autre chose. Mais la chose principale qu'on fait et qu'on aime faire, c'est ça. C'est notre métier, on le fait avec le sourire et tous les jours depuis une trentaine d'années et ça ne changera pas.

Est-ce que pour vous c'est vrai que la pierre vit, que la pierre donne justement du cachet à un meuble, à une pièce, à une cuisine ?

Oui, ça fait partie de la touche de finition. C'est important de chercher la bonne pierre et de se laisser conseiller.

 

Chaque pierre a un nom ?

Oui.

Vous connaissez le nom de chaque pierre ?

Les pierres qu'on travaille régulièrement, on les connaît toutes.

Et c'est laquelle, votre préférée ?

Je dirais celle que j'ai mise chez moi.

Il y a aussi des modes dans la pierre ?

 Oui, bien sûr. Comme il s'agit souvent de plans de travail, ce qu'on fait, la mode va toujours avec le style et les couleurs et les tons des cuisines, en fait. Les cuisines qui ont été dessinées et créées dans les années 90, 2000, on ne peut pas mettre une pierre d'aujourd'hui dessus.

Est-ce que c'est un métier d'avenir ? Est-ce que c'est un métier où il y a encore du débouché, où vous avez du mal à recruter ? Comment se porte votre métier ?

Recruter, c'est plutôt compliqué parce qu'à notre époque, il y avait un centre de formation à Saverne qui n'existe plus. Si un jeune veut se former, il faut qu'il aille près de Lyon. Il faut être un peu motivé.

Je pense que c'est vraiment un métier intéressant.

Est-ce que c'est une fierté de passer devant un chantier et de se dire ça, c'est moi qui ai fait ?

Toujours, c'est toujours une fierté.

C'est quoi votre plus gros chantier ?

Alors, on a fait, il y a entre deux et trois ans, parce que ça s'est étalé sur une certaine période.

On a fait le domaine de Montcel, c'est à Paris. Et donc, c'est un ancien château qui a été revu en hôtel. On a passé pas mal de temps là-bas. Et donc, savoir que des personnes qui venaient un peu partout dans le monde, qui finalement pensent à nous sans le savoir, en fait. Ils ont vu, ils sont allés au buffet. Ils ont été en contact avec des choses que nous, on a mis en œuvre. Donc, s'ils ont un bon souvenir de cet hôtel et qu'ils trouvent ça joli, c'est nous. Voilà, c'est nous, quelque part, sans le savoir.

 Dans dix ans, dans vingt ans, vous vous voyez où ? Vous voyez comment l'entreprise ?

Que la société perdure et peut-être deux, trois employés en plus.

Personnellement, dans dix ans, je sais que je vais avoir mon ombre derrière moi. Mon petit, il va être collé aux basques et lui, il va avoir la niaque comme jamais.

Et peut-être même faire perdurer le nom De Zorzi pour une centaine d'années encore.

Autant que possible. Si nos enfants ou la famille qui suit fait perdurer le nom, l'entreprise, que la fierté continue.

 


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