À Holving, Virginie redonne vie aux vêtements

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À Holving, Virginie redonne vie aux vêtements

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Épisode du jeudi 11 juin 2026 à 11:05

Bonjour Virginie.

 T'es donc couturière, ça fait longtemps ? 

 Plus de 20 ans. J'ai démarré en 2003. J'ai fait mon BEP au lycée Henri Nominé de Sarreguemines à l'époque.

Et ensuite, j'ai fait mon brevet de technicien. Bon, j'ai pas forcément toujours travaillé dans la couture, mais ce projet d'ouvrir mon atelier de retouche était vraiment mon rêve.

Entre le moment où tu t'es lancée, t'as décidé de te lancer, et le moment où t'as eu tes premières clientes, il s'est passé du temps ?

Ah oui, c'est vrai que ça a pris… À partir du moment où j'ai développé la page Facebook, c'est là que j'ai commencé à avoir de plus en plus de demandes, et c'est là que ça nous a motivées à faire l'atelier en fait. On ne pensait pas que ça prendrait de l'ampleur aussi rapidement. Ça nous a pris un an et demi pour pouvoir faire ce petit cocon, que ce soit chaleureux et agréable pour les clients.

C'est quoi le plus gros projet que t'aies réalisé ?

C'est l'atelier.

C'est vraiment l'atelier qui nous a pris beaucoup de temps, et j'ai vraiment réussi à faire ce que je voulais. Comme je l'imaginais, il est peut-être un chouïa trop petit, mais bon, on ne pouvait pas pousser les murs malheureusement, mais non, il est vraiment tel que je voulais, avec l'enseigne que je voulais, la devanture, la présentation, tout est là, même jusqu'au nom.

C'est une fierté en fait.

C'est ça, oui. Mais totalement, totalement. Très fière, je suis très très fière, très fière de mon mari qui m'a toujours soutenue.

Combien de temps tu mets pour des retouches, pour un ourlet par exemple ? Est-ce que tu comptes tes heures ?

 J'ai des tarifs de base, tout ce qui est ourlet, fermeture, mais après pour le reste, ça va être sur des forfaits horaires ou sur devis. La retouche, c'est du cas par cas. Moi en fait, si je ne vois pas le vêtement en vrai, parce que la matière joue, l'épaisseur, il y a tellement de choses qui rentrent en ligne de compte, et malheureusement, des fois il y a des retouches où je ne vais peut-être pas gagner grand chose, me mettre plus de temps, mais je vais me rattraper sur une autre du coup.

Parce que j'ai pour principe quand même que ça reste cohérent et abordable pour tous.

 

Pour pas que ça coûte plus cher que le vêtement en fini ? 

Exactement. Encore aujourd'hui, je me trompe, je recommence, ça m'énerve, mais c'est comme ça, la prochaine fois on fera différemment.

Et on apprend des méthodes aussi au fur et à mesure. Ah bah tiens, cette façon-là, ça va plus vite que cette façon-là. Et puis moi, le but que j'ai quand je fais des retouches, c'est que ça ne se voit quasiment pas.

J'ai pas envie que ça fasse bricolage, j'ai vraiment envie que le vêtement garde toute sa splendeur, on fait du mieux qu'on peut, mais c'est vraiment un peu, on va dire, ma marque de fabrique. Et les gens apprécient quand même la qualité de mon travail.

 

Est-ce que tu as déjà refusé des projets ?

Oui, alors j'ai déjà refusé des projets parce que trop compliqués à faire et donc qui coûteraient trop cher.

Quand je vois que le projet est trop compliqué et que je vois que le vêtement, il n'a pas forcément la valeur de la retouche, j'essaye de l'expliquer au client. Après le client, il dit oui ou il dit non. Mais ce côté franc, je pense que les clients apprécient aussi.

 

Selon toi, c'est un métier vraiment qui tend à mourir ou qui tend vraiment à se développer peut-être ?

 

J'ai envie de te dire que ma génération, je crois qu'on est seulement deux ou trois à avoir percé dans la retouche, on va dire, et être restée dans la région. Autrement, la plupart sont partis dans des grandes écoles de stylisme et tout ça, donc rien à voir avec le métier que je fais aujourd'hui. Donc non, j'espère que ce n’est pas un métier qui est en train de s'éteindre, mais à voir. Au contraire, il peut y avoir un tremplin, tout revient. Mais je sais qu'au jour d'aujourd'hui, des retoucheuses, il y en a très, très peu.

 

Et il y a de la demande.

 

Et il y a de la demande. La retouche, c'est de la technique quand même. La retouche, c'est quelque chose que j'ai appris en plus de mes diplômes. J'ai fait des stages ensuite dans les pressings retouches et tout ça, où on m'a appris les méthodes parce que j'étais incapable de changer une fermeture d'une veste. Je savais monter un vêtement, mais j'étais incapable de savoir changer une tirette d'un pantalon. Et après, c'est l'expérience qu'il fait aussi. Encore aujourd'hui, je me trompe, je recommence. On dit toujours quand on voit une couturière avec un découvite en main, ce n'est pas le moment de venir la voir. C'est que ça ne va pas.

Mais non, en fait, c'est un métier où on est tout le temps en train d'apprendre. Tout le temps.

 

 Ma dernière question, Virginie. Le nom de ton atelier, c'est S&W à Holving, je me dis, il y a peut-être les enfants, peut-être les initiales des enfants là-dedans.

 

Oui, tout à fait, c'est ça.

 

En fait, mes garçons s'appellent Samuel et William. Donc un petit hommage. Voilà, c'est pour eux que j'ai fait tout ça, pour être avec eux et que j'ai créé ce projet aussi.

 

Et ils en sont fiers aussi.

S&W Couture

6 Rue de la Source, 57510 Holving

06 63 27 02 80

https://www.facebook.com/Virginie.couturiere/?locale=fr_FR

 


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