Troisfontaines : La Distillerie du castor fait de l'alcool en famille, et surtout du whisky


par Margot Benabbas
mardi 13 décembre 2022 à 05:25

La Distillerie du castor fait de l'alcool en famille, et surtout du whisky

A Troisfontaines, près de Sarrebourg, se trouve le plus gros producteur de whisky de Moselle. A la Distillerie artisanale du castor, on fait de l’alcool de père en fils depuis plusieurs générations. L’actuel gérant, Patrick Bertin, nous a ouvert les portes de sa distillerie.

Son N°1 - La Distillerie du castor fait de l'alcool en famille, et surtout du whisky

La distillerie du castor a toujours été ici. Mon fils qui travaille avec moi maintenant c'est la 3ème génération. On a beaucoup travaillé à l'époque en tant que bouilleurs de cru atelier public, c'est-à-dire qu'on distillait pour les gens qui nous ramenaient leurs fruits. Dans les années 80 on a commencé à commercialiser nos propres produits. 

40 ans plus tard, la distillerie est toujours artisanale et familiale et propose 50 produits différents. Des liqueurs, de la vodka, du rhum ou même du pastis. Et depuis 15 ans, la fierté de la maison c’est le whisky.

Pour le moment, ce qu'on vend ce sont des whiskys qui ont 5 ans de barrique, bien sûr on ne les élève que sur des barriques bien spécifiques qui sont des barriques de xérès et le xérès c'est un cépage Pedro Ximenez et c'est ce qui va donner à ce whisky ce côté très suave, fruité, floral qui n'agresse pas et qui colle bien au palais. 

Le whisky, c’est pas forcément très local comme alcool. En revanche, pour les liqueurs, on prend tout ce qui pousse dans le village.

Toutes nos liqueurs sont faites-maison, par exemple notre liqueur de sapin, c'est le sapin qu'on retrouve à 200-300m de la distillerie. 

A côté des fûts, c’est justement une liqueur qui est mise en bouteille dans le laboratoire…

Donc là on est en train de mettre une mirabelle d'une vingtaine d'années, c'est la mirabelle gold. Et les 6 dernières années de sa vie, elle vieillit en fût de chêne d'où la légère coloration.  

Une bonne partie de la mise en bouteille se fait ici à la main. Patrick est épaulé par son fils, son épouse et un salarié pour la fin de l’année. Ici on met en bouteille mais on crée aussi les nouvelles recettes, une ou deux chaque année.

Avec mon fils après on se concerte : "tiens, on pourrait faire ça, on pourrait faire ça". Il y a des produits, on a travaillé dessus pendant plus d'un an avant de pouvoir dire : "ok là il est bien on le sort". 

Il y a ensuite la vente sur les salons et marchés mais aussi à la boutique de la distillerie.

Malgré le rush de fin d'année, les temps sont durs

A quelques jours de Noël c’est le rush chez les artisans de la région. La distillerie du Castor jongle entre les difficultés économiques et les marchés de Noël.

Son N°2 - La Distillerie du castor fait de l'alcool en famille, et surtout du whisky

En ce moment, le rythme est très soutenu du côté de la distillerie du castor. Patrick Bertin, son épouse et son fils doivent être présents au marché de Noël à Metz mais aussi sur de nombreux salons en Moselle et au-delà tout en s’occupant des commandes pour Noël. Les clients sont nombreux et viennent parfois de loin.

Là il y a une petite commande d'une trentaine de bouteilles qui partent sur Bordeaux. On fait toute la France, la Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne. 

Whisky, liqueurs, rhum ou encore GIN, la distillerie familiale propose environ 50 produits différents. D’après Patrick, l’entreprise n’a pas d’autre choix que de se diversifier pour survivre.

C'est compliqué, on vend de l'alcool. Les infos c'est la guerre, les infos c'est l'inflation, ça donne pas très envie aux gens de se lâcher et de se faire plaisir. Nous ce qu'on ressent sur les marchés qu'on fait c'est une baisse de quasi 40% des ventes. 

Les clients achètent moins et en même temps les coûts augmentent comme ceux du carton et du verre. Alors pour continuer d’exister, il faut sortir sur les salons et marchés et ne pas compter ses heures de travail.

Tous les jours, tous les jours, samedi/dimanche compris sinon on n'est plus là. C'est une entreprise familiale et... pour qu'elle survive il n'y a pas le choix, il faut rentrer dans la butte comme on dit. 

Même si c’est difficile en ce moment, la famille est passionnée et veut tout faire pour que les affaires continuent. L’espoir de Patrick c’est notamment que son fils Julien puisse reprendre un jour la société.


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