Éguelshardt : Un chantier d’ampleur pour rénover une maison lorraine de 1767
À Éguelshardt, une maison de 1767 reprend vie grâce à Patrick Illig. Abandonnée depuis plus de 25 ans, la maison lorraine, qui fait partie des plus anciennes du village, reprend petit à petit forme grâce à un chantier d’ampleur commencé il y a deux ans. L’idée : reconstruire cette maison comme à l’époque.
Son N°1 - Un chantier d’ampleur pour rénover une maison lorraine de 1767
Sur la rue de l’Église, impossible de louper la maison de Patrick Illig. De grands échafaudages entourent la bâtisse et le bruit des scies électriques résonne dans le village du pays de Bitche. Perché à 2 mètres du sol, le propriétaire donne ses consignes aux deux apprentis maçons du jour pour le remontage d’un mur de la grange en grès des Vosges. Chaque pierre doit trouver sa place. Un jeu de Tetris qui peut prendre beaucoup de temps.
En agglos, je pense qu’en trois jours il serait monté. Là, à deux, il y a 6 à 8 semaines de travail.

Un chantier participatif
Pour mener à bien son projet de rénovation, Patrick Illig a lancé un chantier participatif avec le parc naturel régional des Vosges du Nord.
On ouvre le chantier à des personnes qui ont un même projet. Vu les coûts de ce genre de projet, ils essaient de faire beaucoup par eux-mêmes. Pour ça, il faut apprendre. C’est permettre aux gens d’acquérir un savoir-faire et puis, c’est aussi créer du lien. C’est pour moi l’occasion de connaître les gens d’Éguelshardt.
Léa est venue de Haguenau avec son conjoint.
On souhaiterait aussi acheter une maison ancienne, une maison alsacienne, et pour éviter de faire des bêtises, on préfère se former avec les personnes qui sont en plein dedans et qui savent comment on est censé faire.
Aujourd’hui, elle travaille sur une voûte, qui servira à la porte d’entrée, avec Benoît Notar, le maître d’œuvre, artisan dans les métiers du patrimoine.
C’est des techniques de travail d’époque comme la charpente ancienne. On ne peut pas travailler ça avec du numérique, avec les machines qu’on a aujourd’hui, c’est vraiment un travail comme à l’époque.




Pour rénover sa maison, Patrick Illig s’est fourni principalement en Alsace sur des maisons démontées.
L’idée, c’est d’acheter du matériel, et lorsqu’on a le matériel, on peut voir ce qu’on peut utiliser. Du grès, il y a ce qu’il faut ici. Le bois, c’est récupéré. Les tuiles sont récupérées. Le torchis, pareil, c’est récupéré.
Redonner une vie à la maison et une âme au village
Originaire de Rohrbach-lès-Bitche et kinésithérapeute à Reyersviller, ce projet de rénovation n’était pas l’idée initiale de Patrick.
Je cherchais un terrain pour y mettre une maison en bois. Un ami qui rénove également une maison depuis 10 ans juste à côté m’a parlé de celle-ci. Elle était complètement prise par la végétation.
En redonnant vie à cette maison, c’est toute une histoire que le propriétaire veut réveiller.
J’ai trouvé cette maison comme si les habitants étaient partis la veille avec, de façon un peu caricaturale, la bouteille de Maggi et du côtes-du-rhône sur la table. Il y avait une vraie ambiance à l’intérieur. La dernière habitante est décédée en 1981. Son fils y a vécu jusqu’à la fin des années 90. Cette maison a donc été inhabitée plus de 25 ans.
Le premier gros travail a été de vider la maison, puis de faire un état des lieux. Soulagement pour le propriétaire : la maison est saine. Un gros travail a ensuite été fait sur les fondations avant d’attaquer la restauration. Si le rez-de-chaussée sera modernisé, avec une grande pièce de vie et une baie vitrée, tout le reste de la maison sera fidèle à la construction de 1767.
Entre les colombages, à l’époque, c’était du torchis. Cette maison a été rénovée en 1951. Ils ont enlevé le torchis, ils ont mis des briques rouges à la place. Nous, on va enlever toutes ces briques et on va refaire, à l’ancienne, le torchis qui était présent à l’époque.

Deux ans après avoir lancé les travaux, le kiné du Bitcherland ne regrette pas son investissement, malgré les doutes certains jours.
Ce que j’aime bien me dire, c’est : lorsque je vois comme tout se passe depuis deux ans, on est sur la bonne route. C’est important d’avoir à la fois cette confiance personnelle, mais aussi la confiance que j’ai aujourd’hui avec Benoît et les gens qui viennent nous aider, quelle que soit la façon dont ils viennent nous aider.
Patrick Illig le sait, les travaux vont encore durer plusieurs années.
Je ne me projette plus, mais si d’ici cinq ou sept ans je peux y vivre, c’est quand même mon projet.


