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Marianne Bouch nous raconte ''son Spicheren'' d’autrefois

Marianne Bouch nous raconte ''son Spicheren'' d’autrefois

Photo : Camille Bazin

Cinquième et dernier numéro de notre saga consacrée à la commune de Spicheren et à ses habitants.

Marianne Bouch, 78 ans a accepté de nous accueillir dans sa maison qu’elle occupe depuis ses 22 ans pour nous parler du Spicheren de l’époque.

C’est au fond de l’impasse Meyerhoff, une impasse remplie d’histoire, que nous attend Marianne Bouch souriante et élégante.

Ça s’appelle la Meyerhoff. Le village a commencé là, il y avait le propriétaire d’un hoff ce qui veut dire cour et c’est pour ça qu’il y a l’école, l’église, on est là au milieu du village.

C’est avec une pointe de nostalgie que Marianne se rappelle l’animation qu’a connu cette place.

Il y avait tellement de grands-mères qui était assisent sur le banc. On faisait des fêtes. On mettait des tables pour le 14 juillet chacun ramenait quelque chose et le voisin faisait des grillades.

Née en 1942, Marianne, qui vivait seule avec sa mère, a commencé à travailler dès le plus jeune âge. D’abord assistante maternelle à la Brême d’Or, elle a ensuite travaillé quelques années en tant que cuisinière à la chemiserie Hoffmann à Sarrebruck.

J’avais 20 ans à peu près quand j’ai commencé là-bas. J’étais bien, j’ai commencé à faire du français un petit peu parce qu’eux ils cuisinaient autrement. Je faisais des petites salades de tomates avec des côtelettes et ça leur a plu.

Quelques années plus tard, Marianne se marie et arrête alors de travailler. Veuve très jeune, elle consacre depuis toute son énergie à l’organisation d’évènements pour les associations et les bonnes œuvres.

J’ai toujours œuvré. J’avais un oncle de mon mari qui faisait partie du conseil de fabrique qui me demandait si je pouvais distribuer des enveloppes par exemple alors je courais à droite à gauche et avec ça je faisais beaucoup de connaissances. Quand les religieuses sont parties c’est moi qui faisais l’église. Ce n’était pas comme maintenant, on n’avait pas besoin de dire : « ce dimanche-là faut faire ça », tu ornais comme tu voulais orner. Tu sortais dans les champs, tu prenais des fleurs, j’aimais bien. Après, quand le curé a eu un certain âge alors le conseil m’a demandé si je pouvais m’occuper bénévolement de la salle. Alors, à partir de 1991, je m’occupais de la salle Saint-Laurent.

De sa maison, Marianne n’a qu’à traverser la place pour se rendre à l’église. Elle se souvient de la bonne odeur qui flottait dans l’air le dimanche matin.

Quand j’allais à la messe, je passais à côté d’une maison ça sentait le pot-au-feu. C’était tout à fait normal. Presque tout le monde allait à la messe et c’est quelque chose qui cuisait tout lentement et puis en rentrant il y avait juste besoin de faire les pommes de terre et la salade et ça se passait comme ça.

À l’époque personne ne mangeait de la viande tous les jours. Il fallait la rationner et surtout la mériter.

Tout le monde tuait son cochon. Quand je rentrais de l’école je voyais les cochons pendus à l’échelle ça je me rappelle bien. Nous aussi, quand maman faisait son pâté, ses boudins, c’était des trucs que tu attendais.

Et de temps en temps en été …

Il y avait aussi les glaciers qui passaient. Tu avais ta tasse et tu demandais les boules. Des fois on était plusieurs à en vouloir et on ne voulait pas manger avec le cornet alors on prenait un petit saladier ou une grande tasse et on achetait 4 ou 5 boules. Je me rappelle encore bien quand il venait avec son vélo.

Et il faut avouer qu’en ce temps-là, les glaces n’avaient pas la même saveur, elles avaient le goût d’autrefois.

Camille Bazin

| vendredi 31 juillet 2020 à 10:46 - Mise à jour à 10:50

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