Moselle-Est : De l’hydrogène sous nos pieds, une richesse pour le territoire ?

À Folschviller, la Française de l’Énergie poursuit son exploration des sous-sols. Depuis près de 10 ans, des études sont menées sur les concentrations en gaz avec un intérêt d’abord porté sur le gaz de couche et plus récemment sur l’hydrogène naturel. Les premières découvertes de ce gaz ont été faites en mai 2023. Aujourd’hui, le projet « Regalor 2 » est en route. On s’est rendu sur place pour en savoir plus.
Son N°1 - De l’hydrogène sous nos pieds, une richesse pour le territoire ?
Au milieu d’un terrain vague, un simple conteneur dans lequel se trouve le premier forage creusé en 2006. Fady Nassif, ingénieur de production, nous fait la visite.
Ce que vous voyez ici, c’est un treuil et au bout du câble on va installer les outils de mesure. Au fur et à mesure qu’on descend, on va faire des prélèvements.
C’est grâce à ces prélèvements, qu’en mai 2023, la Française de l’Énergie découvre de l’hydrogène. Romain Chenillot, responsable Géoscience chez la Française de l’Énergie.
Ces mesures ont été réalisées à différentes profondeurs dans le puit, jusqu’à 1100 mètres de profondeur et ces taux d’hydrogène naturel se sont avérés être importants et augmenter de manière significative et linéaire avec la profondeur ce qui nous laisse penser que le lieu de production, ce qu’on appelle la cuisine, se trouverait autour de 3000 à 4000 mètres de profondeur.
"C’est plus de 30 millions de tonnes d’hydrogène sous nos pieds"
Pour en avoir le cœur net, un nouveau projet est donc lancé pour 2025 : « Regalor 2 », un forage de 4000m de profondeur à Pontpierre. Julien Moulin, le président de la Française de l’Énergie, espère ainsi confirmer les projections des scientifiques.
Les estimations du CNRS et du laboratoire GeoRessources, c’est plus de 30 millions de tonnes d’hydrogène sous nos pieds donc c’est assez conséquent.
Le bassin minier lorrain s'étend de la Sarre, en Allemagne à Bar-le-Duc. Sur toute cette surface, les chercheurs estiment que le sous-sol est identique ou presque. Le défi des scientifiques sera aussi d’analyser le côté renouvelable de la ressource avant une potentielle mise sur le marché. Mais justement l’hydrogène, à quoi ça sert ?
Ça sert à plein de choses. Pour le transport mais ensuite c’est utilisé dans les processus industriels. Pour la production d’acier par exemple c’est extrêmement important.
La Moselle, un pôle de transition énergétique ?
Vingt ans après la fermeture de la Houve, la dernière mine de charbon de France à Creutzwald, le président du Département, Patrick Weiten voit une nouvelle richesse pour le territoire mosellan qui vit une transition vers les énergies renouvelables.
Son N°2 - De l’hydrogène sous nos pieds, une richesse pour le territoire ?
Quand on additionne cela avec la centrale Emile Huchet et GazelEnergie qui vient d’obtenir l’autorisation par le Sénat de passer au biogaz, l’usine Holosolis à Sarreguemines qui a obtenu son permis de construire pour la fabrication des panneaux photovoltaïques, la centrale nucléaire de Cattenom, l’ouverture de deux champs de panneaux photovoltaïque sur Henriville et sur Illange, on peut effectivement aujourd’hui revendiquer, au sein de cette région Grand-Est, ce titre pour la Moselle de « Terre des Énergies ».
Le Département va prochainement se pencher sur une autre ressource : l’eau. Alors que certaines communes doivent pomper les eaux remontant des anciennes mines de charbon pour les rejeter dans les milieux naturels et éviter des mouvements de terrain, d’autres secteurs, comme l’agriculture, souffrent du manque d’eau. Un travail collectif doit être fait afin de mieux gérer et préserver cette ressource.